Rester dans le réel (6)

Sixième jour


Enseignement du matin

 

Certains d’entre vous l’ont mentionné, je pense que la plupart seraient d’accord avec cela : la question centrale est de voir comment intégrer, faire vivre et continuer le Dhamma dans notre vie quotidienne.

La pratique, c’est comme je vous l’ai dit, la façon de cultiver et d’avoir accès à notre intériorité. Si pour chacune de nos expériences, on peut voir ce qui en est la cause et l’utiliser pour causer l’approfondissement de notre pratique, alors nous pratiquons le Dhamma.

En quoi consistent l’ouverture et l’approfondissement ? Ça s’exprime de nombreuses façons, mais en ce qui me concerne en tout cas, c’est l’ouverture au-delà des frontières de mon moi. De reconnaître ses tendances de vouloir s’accrocher, attraper, saisir, voir comment elles se cristallisent ensuite dans des formes d’avidité, d’aversion, de cupidité… Etc.

Donc d’être conscient des zones où ces expériences se produisent et où ensuite elles se densifient pour se solidifier en un moi. Alors je reste dans cette zone, en voyant ce qu’il se passe, à la fois dans mon esprit et dans mon corps. Comment je peux traverser cela, d’abord en restant en contact et puis petit à petit en faisant en sorte que cela s’ouvre et se libère. Voir si ma conscience peut devenir plus grande, plus fluide, que mon soi personnel.

Je ne sais pas si cela a du sens pour vous, mais en tout cas, pour moi cela en a. Il est certain que lorsque l’on commence à ressentir cela et à le comprendre et à voir comment on peut l’utiliser, en se disant : « Oui là je vois ce qui est en train de se passer », petit à petit on se libère de toutes les formes de technique.

Car pour la plupart d’entre nous, nous ne serons pas en mesure de maintenir la pratique comme nous l’avons fait ici. Ce sont des événements exceptionnels, et bien sûr dans notre vie quotidienne nous ne pourrons pas maintenir le même rythme. Puissions-nous apprendre quelque chose de ce que nous avons pratiqué ici, qui nous permette de voir dans notre vie où sont les portes d’entrée, les accès, de façon à les ouvrir.

« Où est-ce que ces événements se produisent, dans quelles zones, où cela est en train de pousser, de se contracter, de tirer, comment est-ce que cela s’effectue ? ».

On commence à devenir familier avec l’expérience de l’esprit qui part en vrille en essayant de s’accrocher à quelque chose, ou bien de l’esprit qui se propulse à l’extérieur, qui commence à attaquer les personnes qui sont là en trouvant des défauts dans chacune d’elles. Ou il se projette en vous, présentant toutes les magnifiques choses que vous pourriez être en train de faire maintenant, plutôt que cette activité si ennuyeuse.

Est-ce que vous vous êtes familiarisés avec la façon dont il ne cesse de vous présenter des images de vous-mêmes, comment il se plaint de vous, la façon dont il veut que vous soyez quelque chose, lorsqu’il vous dit : « Non tu n’es pas encore à la hauteur, il y a quelque chose qui ne va pas en toi ; oui bien sûr, il y a des choses qui sont bonnes en toi mais si tu pouvais réparer toutes les zones qui ne fonctionnent pas, ce serait vraiment bien » Vous avez remarqué des choses comme ça ?

Ce sont toutes ces illusions, cette énergie compulsive, qu’on appelle tanha, la soif, la faim.

La soif n’est pas quelque chose que l’on décide d’avoir, cela se produit du fait qu’il y a une zone qui n’a pas reçu son accomplissement parfait à l’intérieur. Lorsque tanha vient toucher l’esprit, alors c’est le moment – puisque hier on parlait d’imagination – c’est vraiment le moment où l’esprit devient plein d’imagination.

Il y a toutes les images d’où je devrais être, des images de qui je suis ou qui je ne devrais pas être, et puis de plein d’autres personnes. C’est là où se présentent les images de situations agréables, de plages ensoleillées, de toutes sortes de bonnes saveurs que l’on pourrait goûter, de choses délicieuses à boire, qui se présentent, plutôt que d’être dans ce hall humide et froid… Ceci, c’est la faculté d’imagination qui devient sauvage.

De même, dans notre vie quotidienne, on commence à se dire : « Ah, si seulement je pouvais être paisible et calme, ou être avec quelqu’un d’autre, si seulement mon patron n’était pas comme ça… ».

Ce sont les pressions qui se produisent. Là, c’est le moment crucial; ce n’est pas forcément une expérience agréable, plaisante, mais c’est vraiment le point où il nous faut ouvrir quelque chose. Donc nous y portons un grand intérêt, car nous avons une autre capacité qui est en correspondance, chanda, la capacité de curiosité, d’intérêt que l’on peut développer, la motivation. Ce sont les aspects qui capturent la vitalité de l’esprit. Chanda peut aussi être traduit par désir, si on l’utilise correctement ; c’est ce qui peut nous libérer de notre tanha.

Chanda est associé aussi avec le fait de maintenir le fait de ressentir le présent, alors que tanha est toujours associé avec le fait de vouloir quelque chose d’autre que ce qui est présent.

Chanda fait partie des iddhipada ou des quatre aspects, le chemin de l’accomplissement. C’est le premier de ces aspects qui indique que l’on commence à porter notre intérêt dans le présent tel qu’il est. Nous touchons ce que nous voyons, ce que nous sentons et face à cela nous pouvons rester alertes, présents, aiguisés. Nous nous posons la question : « Comment est-ce que je vis ça, qu’est-ce qu’il se passe ? ».

Les quatre iddhipada :Il y a d’abord Chanda qui est donc la motivation qui va rassembler notre énergie vers un intérêt. Ensuite, il y a viriya, qui est l’énergie elle-même. Et puis citta signifie que ça pénètre vraiment à l’intérieur, on pourrait dire que « nous y mettons tout notre cœur ». Vimamsā est le dernier des aspects, il indique que vous allez explorer, vous livrer à l’investigation. Vimamsā est associé à la capacité que nous avons de démanteler les choses, de la même façon que l’on peut prendre un moteur et le démonter pour voir comment il fonctionne.

Lorsque nous avons cette capacité, nous commençons à faire de même avec notre expérience, à la démonter, à voir toutes les pièces, repérer la pièce dont nous n’avons pas besoin.

Cette pièce, c’est, finalement, l’illusion. Ce n’est pas le fait de nier quoi que ce soit, c’est juste de reconnaître qu’il y a quelque chose qui est présent, mais qui ne fonctionne pas. A ce moment- là on peut peut-être arrêter d’être dans l’agacement, la fébrilité et au contraire entrer en contact avec ce qui est, ce qui nous permet de le traverser.

Ce sont des qualités dont nous pouvons nous souvenir, que nous pouvons nous efforcer d’activer pendant notre journée. Le résultat est que l’expérience qui précédemment nous déplaisait, nous créait de l’inconfort, une résistance, une forme d’aversion contre laquelle nous luttions, eh bien au contraire, à partir du moment où l’on se défait de l’aspect qui était inutile, qu’on peut démonter le système, cela nous permet de nous établir dans plus de paix, plus de clarté.

En même temps, il y a toujours la possibilité d’une perturbation quand nous nous ajustons à ces forces. C’est pourquoi il nous faut développer chanda, notre motivation, la maintenir pour pouvoir soutenir et supporter ce qui se présente, pouvoir le traverser.

Ainsi, parfois, dans la vie monastique, il faut rester dans l’assise de très longs moments et cela peut devenir inconfortable. On travaille sur cela jusqu’à ce que les zones arrivent à s’ouvrir, puis à se relâcher. Pour la plupart, nous ne sommes pas dans la situation où le problème est d’être assis quatre heures de suite en méditation. C’est plutôt de l’ordre d’une pression psychologique, parfois le fait d’être confronté à des choses très ennuyeuses.

Pour ma part, par exemple, je dois assister à des réunions très ennuyeuses, les gens parlent de toutes sortes de procédures légales, de problèmes d’impôts, de choses à construire. Je commence alors à me dire : « Mais je ne suis pas venu jusqu’ici pour ça, je suis venu pour le Nirvana, la réalisation… » Alors mon avidité pour le Nirvana commence à s’élever singulièrement. Je commence à avoir des images d’espace ouvert avec des arbres, tout devient très irritable intérieurement : « Mais tais-toi, tais-toi donc, qu’on en finisse avec cette réunion, ça fait déjà deux heures qu’on est là, ça va continuer pendant trois ou quatre heures, on n’en est qu’au numéro quatorze de l’ordre du jour, quand on approche de la fin, il y a toujours les derniers points, les divers, et quand on croit terminer, il y a tout un truc qui se présente. Après, il faut décider de la date de la prochaine réunion, qui va participer à cette prochaine réunion, qui va la présider »…

Mais c’est sûr que pour vous, il y a des choses encore pires !

Il faut, là, revenir au présent, sentir l’agitation qui s’élève, le fait de vouloir partir, et donc se dire : « Qu’est-ce qui se passe au niveau de mon intériorité mentale, les images qui s’élèvent, les mouvements qui arrivent ? ».

Vous pouvez rencontrer ça, le contenir, ce n’est pas forcément agréable, ce n’est pas une expérience très inspirante. Mais vous pouvez le ramener dans votre cœur, commencer à le démonter, voir de quoi c’est constitué. Quelque part, le petit personnage qui est en train de se dire : « Ça ne devrait pas être comme ça », on s’en occupe avec un petit peu d’amour, de bienveillance. Alors, on a la possibilité de se relâcher, de se libérer.

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé d’avoir un massage, où quelqu’un touche un point sensible, et commence à foncer dedans, tourner dedans. En fait, beaucoup de nos expériences de vie sont comme cela, c’est comme si elles venaient juste toucher les points tendres, les points sensibles, en y appuyant.

L’idée, c’est que si vous pouvez le supporter, au bout d’un moment les tissus qui étaient contractés vont s’ouvrir, l’énergie va pouvoir circuler à travers, vous allez vous sentir mieux.

Les aspects de chanda concernent les moments où nous sommes dans un état de confusion parce qu’il y a toutes sortes de choses qui se présentent avec toutes sortes de personnes, des images, des espoirs, des craintes, c’est ce que nous appelons le monde. Alors vous pouvez utiliser l’habileté méditative pour essayer de trouver le mot qui résume ce monde. Peut-être est-ce que ça va être : « Trop, je n’y arrive pas, c’est trop ». Si se manifestent les mots : « trop » ou « submergé », ou « je n’y arrive plus », vous amenez ça à votre cœur en sentant comment vous le ressentez. Il peut y avoir un sentiment de panique ou d’anxiété qui se manifeste.

Tanha se présente sous la forme d’un désir urgent de s’échapper de ce monde plein de confusion qui nous submerge. Donc vous contenez cela, vous entrez en contact et vous investiguez, comme un docteur, un chirurgien qui va ouvrir pour voir où est le problème. Parfois, simplement, l’attitude de montrer son intérêt et de vouloir entrer en contact, de laisser les choses s’ouvrir et se déployer, peut permettre une issue.

Parfois, vous pouvez aussi remarquer qu’il y a une idée préconçue sous-jacente qui est présente : celle que vous devriez être en mesure de pouvoir tout accomplir, que vous ne devriez jamais échouer, que vous ne devriez pas décevoir qui que ce soit.

Est-ce possible ? C’est là qu’il nous faut lâcher prise et créer un certain sens d’humilité autour du sentiment du soi.

Je me souviens d’une amie qui essayait de prendre soin de son père qui était en train de mourir. C’est toujours difficile de prendre soin des personnes qui sont en fin de vie, en particulier quand ce sont des êtres proches. Toutes sortes d’émotions vous envahissent, et si la personne ne peut pas communiquer, ça devient très difficile.

Alors vous pouvez vous demander si vous en avez fait assez : « Peut-être n’ai-je pas donné le bon médicament, j’aurais dû rester là toute la nuit, ou je me suis absentée au moment où il avait besoin d’aide ».

Puis son père est décédé et elle a eu toutes sortes de regrets, se disant qu’elle n’en avait pas fait assez, que peut-être elle n’avait pas été assez attentive, toutes ces sortes de choses. Elle était dans l’assise avec cela en étant assez malheureuse. Elle a commencé à penser à son père, à quel point elle l’aimait. A un moment elle a entendu la voix de son père qui s’est manifestée dans son cœur, il lui a dit : « Tout va bien, je n’attendais pas de toi que tu sois parfaite ».

C’est quelque chose qu’il nous faut vraiment apprendre pour nous-mêmes et pour les autres aussi, le fait que l’on ne pourra jamais satisfaire tout le monde, qu’il y a des gens qui ne vont pas forcément nous apprécier, que l’on ne pourra pas faire les choses parfaitement tout le temps, qu’il y a des choses que l’on aurait aimé faire que l’on a pas faites, d’autres que l’on a faites que l’on aurait souhaité ne pas faire. Ou se rendre compte que d’autres vont nous faire des choses que l’on ne souhaiterait pas mais que nous-mêmes nous avons faites, se rendre compte que personne n’a envie de le faire mais que c’est comme ça.

D’où vient ce qui se manifeste lorsque nous éprouvons du regret, de la culpabilité, de la méchanceté, ou toutes sortes d’émotions négatives ? Il y a une petite voix qui vient nous dire : « Ça ne devrait pas se produire comme ça ». Mais c’est ce qui se passe, car c’est la nature de l’extériorité.

Lorsque le Bouddha a enseigné les Quatre Nobles Vérités, de dukkha, de la nature insatisfaisante des choses, qu’est-ce qu’il a fait, fondamentalement ?

Eh bien il a enseigné la vérité. Il disait qu’il y a une porte de sortie, mais que vous n’allez pas la trouver par tanha, qui consiste à essayer de se procurer quelque chose qui n’est pas là. Vous n’allez pas la trouver en créant toutes sortes d’images folles au sujet de qui vous devriez être. Vous n’allez pas le trouver en créant des images de comment devraient être les autres personnes ou de comment ça pourrait être tellement mieux ailleurs. Les images qui produisent des choses qui ne sont pas là, tout cela c’est tanha, et c’est insatiable.

Mais vous pouvez vous extraire de la souffrance et arrêter de créer des images de ce qui n’est pas là, ressentir plus profondément et explorer ce qui est là. Développer les ressources de ce qui est là, en activant des aspects de notre corps-esprit que nous n’avons pas utilisés correctement jusqu’à présent.

L’esprit rationnel fonctionne très bien, fait des lignes droites parfaites, nous dit : « Ça ne doit pas être fait de cette façon, on va faire disparaître ça, on se débarrasse de cette personne, de ci, de ça, et c’est fini, il n’y aura plus de problème ». « On va couper le bruit, le son, la température sera constante à vingt degrés, et alors tout ira bien».

Cela peut décrire dans des détails incroyables tout ce qui ne va pas, et d’une certaine façon, c’est juste. Mais ce n’est pas ça qui va nous sortir de la souffrance. Il faut commencer à vous ouvrir, les doigts, le corps, un petit peu d’imagination, un petit peu de foi, un petit peu de sens de l’humour, de bienveillance : maintenant vous pouvez commencer à gérer. Il vous faut l’ensemble de l’éventail.

En fait, ce que fait la souffrance, c’est de nous mettre en état de choc, il n’y a plus que le petit doigt que l’on peut utiliser. Parfois on n’a même plus de doigt, le poing est fermé et on est recroquevillé.

La rationalité est utile, il y a une chose que l’on peut faire avec cela, avec ce doigt pointé, donnez-moi un mot qui rassemble ça, qui décrive le point que cela vient toucher en vous. Ça peut être « je veux, je veux », ou « pas assez, pas assez ». Est-ce que vous pouvez le sentir dans votre cœur, ce ressenti désespéré, malheureux ? Alors, vous pouvez vous y ouvrir, commencer à investiguer, l’amener dans votre corps et petit à petit à sentir la vitalité qui revient, vous donne un sentiment de clarté, de brillance et d’ouverture. Cela nous permet de nous sortir de la saisie, où la main s’est refermée en un poing. Vous pouvez commencer à faire l’expérience de quelque chose de vaste, dans l’ouverture. Vous vous trouvez dans le contentement, satisfait, disponible.

Vous pouvez commencer à aiguiser votre intérêt, au jour le jour, en utilisant de petites pauses de vingt à trente secondes, comme je vous l’indiquais, et à sentir dans ce moment de la journée ce qui est touché, quel est le point d’impact, comment ça vient m’affecter. Ça peut être l’ennui, ça peut être trop, je n’y arrive plus. Rester en contact avec cela, prendre ne serait-ce qu’un tout petit temps pour pouvoir vous y ouvrir, de façon à ce que vous ne soyez plus submergé.

La zone où vous pouvez toucher votre souffrance, vous pouvez vous y ouvrir et alors c’est très riche. C’est là où vous pouvez avoir une réponse qui s’élève, plutôt que d’être soumis à l’énergie de tanha qui vous propulse à l’extérieur pour échapper à la situation, pour couper court, pour changer les choses.

Au contraire, vous êtes dans une réceptivité qui va vous permettre de voir l’ensemble de la situation et de vous dire, au sein de tout cela il y a une chose que je peux faire.

 

Qi Gong.

 

Nous allons faire une petite pause, maintenant, et je vais vous montrer des exercices corporels.

Un certain nombre d’entre vous ont exprimé que vous avez pris grand plaisir à ces exercices, donc je suis ravi de pouvoir les partager avec vous. Ensuite nous continuerons par la pratique.

On se tient sur nos pieds, en leur donnant de l’énergie. Vous effectuez une rotation des chevilles. Maintenant, fléchissez un peu les genoux, les jambes alignées avec sur les hanches, les pieds bien à plat au sol ; vous fléchissez jusqu’à ce que le bout de vos doigts puissent toucher les rotules, sans appuyer, ni mettre une pression quelconque sur les genoux.

Puis vous rassemblez les pieds, près l’un de l’autre, et commencez une rotation des genoux, comme si vous dessiniez un cercle, sur le sol avec eux. Vous laissez vos doigts flotter avec le mouvement sur le dessus de vos genoux avec beaucoup de douceur ; cette sensation tactile est très importante car elle donne un signal à votre corps. Lorsqu’il y a un toucher délicat comme cela, ça donne un signal au corps que les choses vont bien. Vous effectuez les rotations dans les deux sens.

Revenez dans la position debout, droit.

Vous effectuez un mouvement de la jambe à partir de la hanche, et peut-être la façon la plus facile de le faire est de procéder à une élévation latérale de la jambe. Vous pouvez sentir toute la zone qui est activée quand vous élevez la jambe sur le côté, la zone de la hanche. Vous pouvez débrancher les autres muscles et secouer légèrement le pied.

Nous allons activer maintenant la région des hanches et la région abdominale, par un mouvement de rotation. En activant ainsi la région abdominale, ça permet à toute la région de la cage thoracique de débrancher. Rotations en appui sur les talons.

Nous laissons simplement le mouvement se ralentir de lui- même.

Il faut souligner un point, lorsque l’on parle d’activer, cela n’implique pas forcément un mouvement. Une zone activée peut- être une zone verrouillée. Il se peut que nous sentions, par exemple, nos épaules très rigides et dures, elles semblent ne pas être très actives mais en fait elles sont extrêmement actives, sous une forme de compression qui les a gelées. C’est pourquoi, pour l’instant, il n’est pas utile de rajouter de l’énergie dans ces zones.

On peut avoir envie d’étirer les zones comprimées, mais en fait si vous étirez sur une zone comprimée, vous allez étirer les chairs mais pas libérer l’énergie. Une façon de libérer l’énergie est d’activer une autre zone, comme par exemple la zone du bas du dos qui, si elle retrouve sa force, permet aux épaules de se relâcher.

Donc aller dans une zone correspondante, c’est ce qui correspond au fait d’élargir son attention. Vous cherchez une zone qui est sous-activée, une zone que vous aviez presque oubliée. C’est là que vous allez commencer à la mettre un peu en mouvement, la réveiller. Ça aide à amener le corps en équilibre, à trouver son équilibre.

Maintenant nous allons passer à la marionnette, en laissant les bras se balancer librement le long du corps, sur les côtés, et en sentant le mouvement du bras qui part de l’épaule, un bras après l’autre. En sentant la corde qui tire sur chacun des poignets, mais en établissant bien en même temps le corps, un peu plus fléchi. Sentez si ces ficelles peuvent élever vos bras.

Nous utilisons la présence consciente pour élargir le mouvement et y inclure également notre intériorité, qui elle aussi peut devenir plus large, plus souple. Dans le mouvement d’élévation, vous sentez la zone abdominale qui s’allonge, qui s’étire, et en même temps aussi toute votre intériorité qui s’élargit, devient plus flexible.

Vous pouvez connecter le mouvement à votre respiration, à l’élévation vous inspirez, et ensuite sur le mouvement des bras qui descendent sur le côté vous expirez ; en allongeant l’expir qui devient comme un fil conducteur, et devient ténu comme un fil. Vous pouvez sentir le mouvement comme s’il venait de l’intérieur et qu’il poussait en permettant à vos bras de s’élever, plutôt que de sentir les bras qui sont tirés, et aussi sentir le mouvement qui s’élargit. Vos bras suivent ce ballon qui est à l’intérieur et qui est en extension. Nous retrouvons la position de repos.

La zone de l’abdomen : nous savons que cette structure subtile qui soutient nos viscères, un peu comme un drap en plastique. Lorsque nous éprouvons de la peur ou de l’anxiété, c’est la zone que nous avons tendance à contracter. Sans parler d’anxiété, avoir une forme d’appréhension par rapport au monde qui nous entoure, est quelque chose d’assez normal pour nous les êtres humains. Il y a clairement de bonnes raisons à cela.

Maintenant nous allons nous dire : « Tout va bien, l’environnement autour de nous est parfaitement amical ». Voir comment on peut relâcher toutes les zones qui sont verrouillées, que nous ne savons pas comment libérer. Ça peut faire monter un arrière-goût de ne pas être confortable, pas être bienvenu. Nous allons utiliser notre forme physique pour permettre à cette zone de pouvoir s’étirer de façon douce et facile, s’ouvrir en sentant simplement comment ce serait, en laissant toute la zone du ventre relâchée et ouverte.

Nous allons commencer à centrer l’exercice dans la région abdominale, comme si c’était toute cette région qui s’ouvrait et s’élevait. Vous avez pu vous centrer dans cette zone, vous pouvez la laisser s’ouvrir et s’élargir, et ça devient très plaisant de sentir toute son intériorité se réveiller et s’ouvrir.

Nous allons procéder à un autre mouvement. Il implique le thorax, toute la zone de la poitrine. Vous étirez les bras en les laissant aller le plus haut possible jusqu’au ciel, en train de toucher le ballon. Le ressenti du toucher est très important, ça nous donne la sensation qu’il y a quelque chose, là qui est confortable et peut-être ludique.

Au fur et à mesure que nous sommes plus à l’aise, sur l’expiration, nous effectuons une flexion latérale du torse sur la droite et en même temps que vous fléchissez sur la droite, vous soulevez votre talon droit, puis ensuite la même chose sur la gauche, en soulevant le talon gauche. Les mains, les bras qui suivent le mouvement.

Bien évidemment, avec ce mouvement vous ouvrez et vous étirez les parties latérales du corps, et quand vous êtes fléchis du côté droit, imaginez aussi que tout votre côté gauche s’étire, comme si vous deveniez vraiment plus longs du côté gauche. Vous étirez également le muscle qui connecte avec les omoplates dans le dos, en vous souvenant d’utiliser la force de gravitation.

En inspirant lorsque l’on remonte, en sentant que l’on s’agrandit un peu sur l’inspiration. Vous arrêtez les bras sur la verticale, en sentant toute votre hauteur, c’est une hauteur interne, et en sentant ainsi que vous pouvez grandir. Laissez les bras redescendre.

Nous allons effectuer maintenant le mouvement de l’arc et des flèches, mais en l’élargissant.

La main qui représente l’arc est tournée sur le poignet, à 90 degrés, et quoi que vous fassiez comme mouvement avec votre bras, la main reste à cet angle droit. Même si vous étirez votre bras en avant, les doigts sont toujours tirés en arrière. L’autre point dont il faut se souvenir, c’est que les deux bras sont en mouvement simultanément, avec la corde qui est tirée jusque vers l’aisselle et le mouvement de la tête contrôlé par la main qui représente l’arc. Etant donné que cette main se déplace, la tête aussi se déplace. Il y a une connexion là, entre le bras, l’épaule et la tête.

Nous expirons en étirant et sur l’inspir nous revenons au centre en changeant de main. Une fois que vous êtes familiarisés avec la forme de base, vous sentez l’énergie qui se déplace depuis les épaules jusque dans les bras. L’énergie ne va pas dans vos mains avant la fin du mouvement. On étire et en ouvre bien la paume de la main à la fin de l’étirement.

Puis en expirant, le long du bras, tout en ouvrant la paume de la main, vous amenez votre attention sur les côtés de votre cage thoracique, y compris dans la partie dorsale de celle-ci, comme s’il y avait là un grand ballon qui se gonflait. Tandis que vous laissez doucement le mouvement ralentir, s’adoucir et petit à petit s’éteindre, disparaître, vous pouvez entrer en contact avec toutes les sensations qui sont présentes, au niveau de votre ventre et en même temps de votre poitrine, les sensations d’expansion qui peuvent être présentes. Ça aide en particulier à détendre le plexus solaire et le diaphragme.

Vous sentez le gonflement du ventre lors de l’inspiration, essayez de détendre le diaphragme, portez votre attention lors de l’inspiration sur toute la zone thoracique, en sentant que cela aussi peut être en expansion.

Il est important de pointer la valeur de cet exercice au niveau de la libération du plexus solaire et du diaphragme, car lorsque nous nous concentrons sur la respiration, la méditation de la respiration, la plupart des gens sont coincés dans la zone thoracique. Il y a là un manque de vitalité qui donne le ressenti de quelque chose de stagnant ; pour compenser, on va respirer trop, intensifier le rythme respiratoire, pour compenser le manque de vitalité.

La zone du plexus solaire est cruciale, c’est un peu comme un écrou, un verrou qui contrôle tous les fascias de cette zone de la face antérieure du corps ; quand on le verrouille, tout se resserre. On ne peut pas forcer contre cela, plus on pousse, plus le mécanisme de défense se renforce. On ne peut pas ajouter d’énergie dans cette zone, car cela va accroître le mécanisme défensif, au lieu de relâcher l’énergie.

Au lieu de cela, on accroît la vitalité de la cavité abdominale et de la cavité thoracique, sur les côtés.

Que ces zones deviennent vivantes, avec des sortes de picotements qui se manifestent, et elles vont facilement transférer l’énergie, une fois qu’elles se seront réveillées. On va alors acquérir plein d’énergie et de vitalité et l’on n’a plus besoin de respirer tant que cela. Le rythme respiratoire ralentit, le diaphragme se détend et vous vous sentez heureux, quelque chose de cet ordre en tout cas. Bien sûr, ça prend un peu de temps pour y parvenir.

Imaginez que vous avez un grand ballon dans la région abdominale et un grand ballon dans la région thoracique, ils communiquent entre eux, ils se parlent. Quand celui de l’abdomen dit : « Ça va, c’est une bonne journée pour moi », alors celui du haut, du thorax, entend et dit : « Eh bien oui, pour moi aussi c’est une bonne journée ». Mais si c’est tendu dans l’abdomen, et que ça dit : « Allez détends-toi, détends-toi, détends-toi », le message ne passe pas.

Retrouvons la position debout, pour boucler cette séquence. Vérifiez à nouveau cette position debout en plaçant vos genoux pour qu’ils soient bien dans le prolongement du centre de vos pieds, affaissez le sacrum comme si vous rentriez cette zone. Le ressenti est celui d’être debout dans l’océan, avec les pieds fermement ancrés au sol et en sentant l’eau qui soutient votre corps ; vous laissez les bras flotter devant vous, les bras ne sont pas droits, ils sont arrondis tandis que les épaules s’ouvrent dans ce mouvement.

Tout d’abord, entrer en contact avec la sensation tactile, avec le toucher de vos doigts qui sont posés sur ce ballon. Le ressenti du ballon commence à se former en vous et vos doigts en donnent le cadre. Puis les paumes des mains s’ouvrent en étant dans une attitude où elles reçoivent complètement, où elles sont à l’écoute, s’imprègnent de l’effet du ballon. Et si le ballon gonfle, vos mains s’élèvent avec lui.

Tout dépend du taux d’énergie qui est présent. Si le ballon peut se gonfler de plus d’énergie, les mains vont naturellement s’élever en même temps que le ballon gonfle. Jusqu’à ce qu’elles arrivent au niveau de vos côtes, au centre de votre sternum, et alors vous effectuez une petite rotation des poignets de façon à ce que les paumes des mains soient face à vous, comme si vous enveloppiez le ballon de tout votre corps et que vous le pressiez contre votre cœur.

Maintenez votre chanda, votre intérêt, au niveau de vos bras et des sensations qui s’y trouvent, en évitant d’avoir l’esprit qui vagabonde en vous demandant combien de temps ça va durer. Sentez ce qui est vraiment en train de se passer, peut-être des sensations perçues comme désagréables, le long de vos bras. Elargissez votre attention pour y inclure le ballon, vos jambes, vos pieds, l’océan. Et laissez ces sensations et ces énergies faire comme une onde de choc à travers l’océan.

Nous avons juste quelques minutes pour procéder ainsi, nous n’allons pas rester comme ça jusqu’à ce soir ! En élargissant, en adoucissant. Pendant les dernières secondes, portez votre attention aussi sur votre cage thoracique, votre poitrine, en sentant que vous pouvez la maintenir bien large, bien ouverte. Doucement, vous sentez que le niveau d’eau de l’océan est en train de baisser, que vos bras s’abaissent également, tout en gardant la poitrine bien ouverte intérieurement. Vous allez progressivement respirer à partir de la région abdominale, en utilisant l’abdomen pour ramener le ballon vers votre corps et jusqu’à l’intérieur de celui-ci. Nous pouvons détendre la forme, le corps maintenant.

 

Enseignement

 

Je crois que dès le début, j’ai mentionné l’importance d’être avec votre expérience, quelle qu’elle soit, donc d’être avec et non pas à côté d’elle.

La plupart du temps, notre attention s’établit à l’intérieur de l’expérience, et en particulier lorsqu’il s’agit de situations difficiles, alors on commence à brasser ces difficultés et à les amplifier.

En fait, je corrige la traduction de tout à l’heure, il s’agit effectivement d’« être avec » dans le sens de pouvoir se mettre à côté, donc de faire un pas en arrière, plutôt que d’être immergé à l’intérieur. Il faut que le fondement pour cela soit présent, la base. C’est un lieu où vous pouvez trouver votre régularité, votre stabilité, où vous n’êtes pas tiraillés, poussés, et donc quelle que soit la distance que vous ayez par rapport à l’expérience, elle ne vous happe pas.

C’est un peu comme le recul que l’on peut prendre face à un tableau, une peinture, un paysage et si l’on est très près, collé dessus, on voit toutes sortes de détails, et même de textures, de points de couleurs, etc…, alors que si on prend du recul, on voit l’ensemble de l’image, et donc le thème principal, le thème central qui s’en dégage, plutôt que les détails.

C’est-à-dire que l’on sort des détails qui sont connectés à cette situation, à cette histoire, et qu’on peut entrer en contact avec le ressenti. Le fait de faire un pas de côté va nous permettre, en ayant cette vue générale du thème principal, de déceler le mot qui synthétise, symbolise exactement ce qui s’exprime dans le thème.

Là aussi ça demande à ne pas être trop littéral, mais au contraire à utiliser un peu l’imagination. Vous pouvez résumer l’histoire, mais aussi surtout le ressenti que cela procure. Vous essayez d’avoir un sens global et un ressenti de cela, en voyant comment votre corps en fait l’expérience.

D’une façon générale, sentir comment est votre ressenti corporel, s’il est éteint, s’il pousse, s’il est contracté. Différents sens peuvent se manifester, en lien avec dukkha, l’insatisfaction fondamentale. Peut-être qu’on ne va pas tous les remarquer, mais il y en a un qui peut facilement se voir, un sentiment de fatigue, d’épuisement.

Vous pouvez vous dire: «c’est quand même étrange, ça fait quatre jours, j’aurais dû me réveiller, depuis ». Lorsque l’on se sent ainsi fatigué, vieux, épuisé, c’est une fatigue du cœur aussi qui s’exprime. C’est un sens qui a perdu sa vitalité. Et quand il y a ce manque de vitalité, alors on ne peut pas se dire d’aller de l’avant, de se réveiller, de se ressaisir, parce que justement il n’y a pas la vitalité pour pouvoir le faire. Comme le fait de vouloir étirer les tissus lorsqu’ils sont éteints, morts et endormis : on peut tirer dessus, mais ça ne fonctionne pas car il n’y a pas la vitalité qui est nécessaire.

Un aspect du ressenti dont on peut faire l’expérience, c’est le sentiment que tout cela commence à nous fatiguer. Ce que nous offre la pleine conscience, c’est le sens de l’espace. Quand on fait ce mouvement de côté, on peut avoir une perspective différente sur le sujet. Là, vous ne vous en séparez pas, vous continuez de le garder à l’esprit tandis que vous faites le pas de côté ; c’est ce qui vous permet de le voir beaucoup plus pleinement et clairement.

Une des premières choses qui doit se dissoudre avec ces ressentis, c’est lorsque émerge le sentiment de se sentir vieux, épuisé. Ça vient du fait de faire un pas de côté, de trouver son enracinement, sa base, de vouloir s’ouvrir à l’espace et d’avoir une intention de bonne volonté. En tout cas de ne pas avoir d’intention malveillante. La malveillance se présente sous la forme de pensées comme celle de se débarrasser, de transformer, d’aller par-dessus, de surmonter.

Si vous reconnaissez cela et que vous pouvez le laisser de côté, vous pouvez vraiment pleinement rencontrer la situation, et alors les qualités de cœur vont se manifester. Car à chaque fois qu’il y a contact, qu’il y a rencontre, le cœur est présent. S’il y a une véritable rencontre, pleine, claire et sans regret, cette qualité du cœur se manifeste car elle est là, naturellement, elle est présente, nous détenons cette qualité d’empathie. La rencontre est accompagnée par le sentiment de sentir ce qui se passe, de discernement, même si c’est au niveau imaginaire, de voir aussi les images qui se manifestent dans l’esprit.

Dans ce lieu de rencontre, vous n’essayez plus de supprimer quoi que ce soit, de le pousser de côté, de le transformer ; alors, il est possible qu’il y ait une forme d’intuition qui se produise. Avec l’imagination, il y a quelque chose d’un peu plus conscient qui est présent, une dynamique un peu plus active, en se demandant à quoi ça ressemble, quelle forme ça a, quel ressenti ça procure.

La dimension intuitive, elle, se manifeste d’elle-même, comme une surprise, ça peut être une intuition très étrange qui semble ne pas avoir de lien avec votre difficulté. Mais en même temps cela contient une qualité qu’il est bon de garder à l’esprit. Et vous restez avec cela, avec ce ressenti spécifique, intuitif.

Cela peut sembler mystérieux, mais juste pour vous donner un exemple, je peux vous citer quelque chose que j’ai ressenti aujourd’hui.

Il y avait le son de la fontaine à travers la fenêtre, j’entendais ce son, qui d’une certaine façon m’apparaissait comme délicieux et charmant. En même temps, je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’était pas ajusté, pas à l’aise. J’ai commencé à contempler cela tout en écoutant le son qui venait : c’est quoi ce ressenti-là, un petit peu de malaise, c’est quoi, ce sentiment de pas être à l’aise, d’être un petit peu agité. Et tandis que je continuais d’entendre le son de la fontaine, d’un seul coup je me suis dit : ah mais oui, c’est parce qu’il y a une fuite, un écoulement qui s’est fendu, il faut que j’aille réparer ça.

Quand j’étais un petit garçon à Londres, je vivais dans une grande maison victorienne où le sol était en pierre et les plafonds très élevés et où il faisait toujours froid. Parfois, pendant l’hiver, les canalisations d’eau gelaient, et évidemment quand la glace fondait, il y avait une fente, une fuite. Quand ça gelait à nouveau, on se retrouvait avec de la glace sur le sol.

Donc ce son d’eau qui coule, tout de suite, une alerte, « il faut vite aller réparer », c’est le son du danger et « il faut se précipiter pour aller réparer ». Je remarquais cela et j’essayais de sentir d’où venait cette petite fébrilité, cette agitation qui se manifestait. Parfois les choses sont comme ça, il y a une dimension intuitive qui se manifeste, tandis que vous êtes à l’écoute ; vous entendez l’eau qui s’écoule et puis quelque chose émerge : vite réparer le tuyau, mais vous vous dites : « quel tuyau ? ». C’était comme un ressenti immédiatement qui venait dans les pieds, de froid.

Ou si vous vous trouvez dans une zone sensible, difficile, à ce moment il peut se manifester l’image, la présence de quelqu’un, ou même peut-être d’un animal. Là aussi c’est une manifestation intuitive qui exprime ce dont on a besoin.

Parfois ça peut vous donner aussi le sens de quelque chose qui se passe sous une forme de, spacieux ou de chaud. C’est, en fait, une réponse du cœur qui est donnée.

La qualité d’intuition ne vous demande pas de faire quoi que ce soit, c’est plutôt quelque chose de l’ordre de vous inviter à vous souvenir de la paix qui peut se manifester dans le cœur, qui fait que l’on va s’ouvrir, et aussi provoquer une détente du corps. Ainsi les choses peuvent-elles changer.

Souvenez-vous de cela, lorsque vous vous sentez fatigués, épuisés, lourds, vieux. Se souvenir que ce n’est pas vieux, c’est maintenant, juste maintenant. Se mettre sur le côté, contempler à quoi ça ressemble, comment je le ressens dans mon corps, est- ce que je suis prêt à m’ouvrir à cela. Voir si cela dit quelque chose, si quelque chose se manifeste. Et peut-être cela va me donner une idée du problème ou m’indiquer ce dont il est besoin pour que le cœur puisse s’ouvrir, se soulager.

C’est le début de la manifestation de la vision pénétrante. Les visions profondes, pénétrantes sont spontanées, on ne peut pas les créer, les provoquer. Tout ce qu’on peut faire, c’est créer les conditions idéales pour qu’elles puissent se produire. La spécificité des instants de vision pénétrante est qu’ils peuvent arriver à propos de situations plutôt désagréables, qui peuvent être même triviales, mais qui vous poussent justement à changer quelque chose, à effectuer une bascule ou un changement de vision. Qui vous obligent à revoir véritablement qui vous êtes, où vous en êtes.

J’entendais le son à nouveau, et il me disait : « Pourquoi est- ce que tu ne fais pas une pause, pour écouter de la musique ? Le tuyau n’est pas cassé… ».

 

Questions-Réponses

 

Question : Est-ce que vous pourriez parler un peu plus de la marche méditative, est-ce que la partie supérieure du corps y est engagée, est-ce qu’il doit y avoir aussi fluidité, ouverture, là ? Ou est-ce que cela concerne juste les pieds et l’enracinement ?

Réponse : Lorsque je regardais dehors, je voyais les gens marcher. Il m’a semblé que tout le corps avançait, que ce n’était pas juste les pieds et les jambes qui se déplaçaient. Donc puisque tout est là, peut-être qu’il vaudrait mieux en être conscient, et se rendre compte que le corps tout entier est une unité. Dans la marche méditative, il y a le contact de l’espace avec notre peau et nous rentrons en contact avec cet espace qui en fait est le monde, c’est une façon d’y pénétrer. Est-ce que l’on peut effectuer ce contact en y restant présent sans être parti dans les arbres ou les fleurs ou tout ce qu’il y a autour, ou au contraire être complètement enfermé sur soi, en évitant le contact avec cela?

Si nous pouvons entrer en contact avec le monde environnant tout en restant complet, entier, la conscience se place sur le ressenti corporel. C’est une présence complète du corps, mais très légère.

Et puis il y a l’expérience du rythme, quelque chose qui rebondit de façon rythmique, et qui a un effet calmant ; c’est ponctué par chacun de nos pas de façon très répétitive. Il y a la fluidité du mouvement et le rythme, la ponctuation. Du fait que c’est marqué par nos pas, nous avons conscience de nos pieds et de ces pas, le rythme et les pas répétitifs nous servent d’ancrage pour sentir lorsque l’esprit vagabonde. C’est ce qui nous permet de revenir vers ce point de référence, de point d’ancrage, en même temps avec l’inspir et l’expir. Cette façon de marcher répétitive constitue notre clair cadre de référence, bien précis et bien établi. On a une ligne de 20 ou 30 pas sur laquelle on se déplace et où l’on revient. Au sein du cadre de référence, nous pouvons sentir ce qui se passe, peut-être que nous nous sentons fatigués, peut-être qu’il y a beaucoup de pensées qui émergent, ou des émotions, à moins que nous ne nous sentions dans l’ouverture.

La référence corporelle est stable mais ce n’est pas non plus quelque chose qui coupe court à l’esprit, au contraire vous utilisez ce cadre de référence comme un avantage qui vous permet d’observer les sensations, les pensées, les émotions si elles se manifestent. C’est ce qui agit comme l’ancrage d’un bateau qui fait qu’il ne se laisse pas emporter par le courant.

En même temps, vous voulez pouvoir être capable de sentir ce qui se passe dans votre cœur et votre esprit, d’une certaine façon vous souhaitez pouvoir traverser toutes les formes de conditionnement de votre esprit. Les pensées et les sentiments peuvent soudain se précipiter, et c’est le rythme répétitif, le cadre de référence qui va vous permettre de les contenir, de voir aussi ce qui se passe, peut-être sentir que c’est de l’anxiété qui se manifeste.

Plutôt que d’en rajouter ou de lutter contre cela, eh bien continuez de marcher à travers cela, avec cela. Puis vous arrivez au point où vous vous arrêtez, sentez la posture debout, l’ancrage au sol ; c’est là que le corps peut permettre d’interrompre toute l’énergie mentale. Mais cela n’interrompt pas nécessairement l’émotion, et ce qui se passe avec les émotions, c’est qu’il y a en même temps des pensées qui s’élèvent, des images, et que du coup, c’est comme un flot qui va nous emporter. La plupart du temps, on se trouve impliqué au cœur de cette émotion ou en train de lutter contre elle, mais dans la marche nous commençons à extraire l’énergie qui est dans l’émotion et à la ramener dans le corps.

C’est ainsi que l’émotion perd de son pouvoir, de son emprise, notre énergie mentale devient contenue dans le format de la marche. Au bout d’une heure de marche régulière, cela peut, petit à petit, se régulariser. Tandis que si vous ramenez l’esprit en un seul point, vous y concentrez, c’est une façon d’exclure ce qui se passe dans l’esprit ; vous n’atteindrez pas beaucoup de vision profonde, pénétrante.

Vous pouvez vous rendre compte d’ailleurs, en portant votre attention sur le cou par exemple intensément, que plus vous essayez, plus il y a une résistance. Finalement votre esprit part vagabonder et vous perdez le contact avec le thème de la méditation.

Question: Pouvez-vous revenir sur les cinq éléments, principalement le rapport entre la terre et l’air : l’un engendre- t-il l’autre, ou l’un dynamise-t-il l’autre ? Auriez-vous des exemples concrets quant à la perception des cinq éléments dans le corps ? Que faire de ces perceptions, doit-on rechercher ces perceptions pour faciliter la méditation ?

Réponse : Le corps a la capacité de maintenir sa forme, c’est l’élément Terre, alors que l’Eau se répand. La Terre permet de maintenir une forme spécifique, particulière. Qu’est-ce qu’il nous faut pour percevoir la Terre ? C’est un peu la même question que pour la marche méditative, parfois nous pensons que nous devons développer une attention qui est très pointée, très dirigée, «où est la Terre?».

C’est quelque chose de beaucoup plus réceptif, de sentir que oui, c’est là ; la façon de l’appréhender est beaucoup plus en lien avec l’intériorité, alors qu’au niveau de l’extérieur on va le pointer. C’est plutôt une intention qui implique de se mettre un peu en retrait, de voir ce qui vient. Comment se rendre compte que l’on a un corps ? Vous n’allez pas chercher longtemps, ça va se présenter très vite.

Vous êtes sûrs d’avoir un corps ? Qu’est-ce qui vous dit cela ? C’est le fait de se remémorer, de rassembler des éléments de quelque chose que vous avez déjà, vous n’avez pas besoin d’aller le chercher, c’est là, mais c’est quoi ? Et quand vous fermez les yeux c’est quoi ? Vous avez un corps mais comment savez-vous que vous avez un corps ? Je ne peux pas sentir mes reins, ni mes cheveux, ni mes dents, ce dont je fais l’expérience c’est un ressenti de solidité, quelque chose que l’on appelle le mouvement, qui est comme un gonflement, un changement dans les pressions, une qualité de vitalité ou de chaleur avec des picotements, quelque chose qui fourmille. Cela, ce sont des domaines assez faciles n’est-ce pas ?

Si vous restez avec cette représentation, ce ressenti un peu plus longtemps, vous remarquez que les impressions changent, certaines sont sous formes de pulsations, certaines poussent, certaines se contractent, certaines s’écoulent, elles sont toutes en train de se déplacer dans le corps.

L’élément Eau est l’élément de cohésion. On peut remarquer que dans certaines zones la pression est plus forte que d’autres ; l’élément Espace dérive du fait qu’il y a des endroits avec moins de pression, donc beaucoup plus subtils. Si j’amène à mon esprit maintenant ma gorge, même si je ne peux pas la voir je me souviens que j’en ai une, j’essaie de sentir, où est-ce que je peux ressentir ma gorge ? Il y a la zone où je peux sentir des choses qui s’écoulent, avec peut-être un ressenti spacieux, et puis j’arrive à la zone qui est la limite de mon corps physique.

Peut- être est-ce que je vais sentir la taille de cette chose, jusqu’où elle s’étend, jusqu’où elle va. Puis il semble que j’arrive à la frontière de cette expérience corporelle; alors je remarque les changements aussi de cette chose qui a l’air apparemment solide et chaude et puis il y a un ressenti d’espace autour, là où le ressenti de quelque chose de solide et de chaud et avec des picotements se termine; à nouveau c’est l’expérience de l’espace.

Donc ce sont là des impressions corporelles. Pourquoi est-ce qu’on se préoccupe de cela ? Parce que cela change notre mode de perception, nous rend plus réceptifs. Ce n’est pas quelque chose qui pointe vers, il s’agit de recevoir quelque chose qui est déjà là. Ça permet de lâcher certaines recherches d’objectif, parce qu’il n’y a rien à chercher, tout est déjà là.

Tandis que je ressens cela, je peux aussi être conscient de l’expérience émotionnelle, psychologique qui peut accompagner cela, ce peut être de se sentir tendu ou au contraire détendu. Ou une forme de compression, de blessure qui s’exprime, ou bien je peux aussi ressentir ce mouvement qu’on appelle la respiration et remarquer qu’il est un peu réprimé, qu’il est un peu contraint. Il semble qu’il y ait une résistance quelque part qui retienne ce mouvement.

Ainsi peut-on rester pendant trente ou quarante-cinq minutes à observer ce qui se déploie, à sentir toutes les différentes zones et les sensations qui peuvent changer. C’est une exploration qui s’effectue aussi bien dans les manifestations physiques que mentales car il est question d’énergie, et l’énergie recouvre autant ces deux aspects, mentaux et psychologiques, que les aspects physiques.

Quand nous nous connectons à cela, nous pouvons remarquer que tout ne va pas si bien que cela, que par exemple c’est contracté, ou qu’il n’y a pas la fluidité qui fait que les choses s’écoulent librement ; donc un sentiment que cela ne fonctionne pas parfaitement bien comme cela devrait. Quelque chose sait que l’air devrait circuler librement, avec une fluidité de façon rythmique et non pas avec des à-coups, des sursauts.

Du fait que nous connaissons des moments où nous nous sentons inondés de chaleur, dans des moments de bonheur, on peut éprouver ces ressentis chaleureux et par comparaison se dire : « Tiens ça parait très gelé cette zone, elle est très froide, très … », et du coup se rendre compte des zones qui ont besoin peut-être que l’on y porte notre attention, un peu plus d’énergie.

De sentir comment, en faisant de la sorte, on commence peut- être à s’ouvrir un peu. Puisque la respiration est ce qui soutient la vie, c’est l’énergie de vie, il est dit dans les enseignements que c’est le kāyasankhāra, l’agent qui produit continuellement la vie.

L’air produit une pression, un mouvement, tandis que la terre résiste à cette pression, l’élément terre va gouverner et contrôler jusqu’où l’air peut aller mais en même temps c’est flexible, donc ça peut gonfler et dans ce mouvement, ce frottement entre la terre et l’air, eh bien il y a le feu qui se manifeste. On peut le reconnaître dans la façon primitive avec laquelle on allumait le feu. C’était un bâton qui était tourné très rapidement contre un morceau de rocher je crois, et c’est ce mouvement (l’élément air est représenté par le mouvement) de l’air en friction contre la terre qui faisait que le feu pouvait se produire.

Vous pouvez vous familiariser avec le mouvement de la respiration et qui n’est pas comme un petit point microscopique sur lequel on va porter notre attention, mais vraiment comme une marée, comme une grande vague que le corps tout entier respire. Tout l’élément terre ressent cela et alors vous pouvez commercer à sentir « hum là il y a quelque chose comme une sorte de bosse, là dans ce coin-là ».

Et tandis que vous vous focalisez sur votre respiration avec votre attention, l’attention va pouvoir se déplacer progressivement vers l’épaule par la respiration, et vous pouvez sentir l’effet de traction et en même temps de chaleur dans la respiration. Vous l’amenez dans cet exemple précis en direction de l’épaule ; ou alors, lors de l’expiration, vous pouvez sentir l’énergie qui se rassemble dans la partie du bas-ventre ; lors de l’inspiration vous pouvez sentir la traction tandis que l’énergie s’élève en même temps que le souffle, que la respiration, et ainsi traverse votre corps.

Ceci est le chemin que nous suivons à la base parce que la respiration n’est pas un point précis, c’est en fait comme du vent qui nous traverse. Tandis que nous restons connectés, que nous le suivons, nous pouvons ainsi sentir dans différentes zones, éventuellement qu’il y a quelque chose de serré, ou une masse. Progressivement on y amène le souffle. Cette fluidité du souffle qui traverse fait que la zone peut doucement s’ouvrir.

Il est assez courant de ne pas sentir grand-chose à l’intérieur de notre corps. Nous sentons la plupart du temps la zone de la tête, les épaules, les mains, le reste a disparu. Donc il peut y avoir des zones où vous ne sentez rien en particulier. Avec le mouvement de la respiration, vous pouvez sentir le premier gonflement et puis comment ça monte jusqu’à la cage thoracique ; là, vous pouvez sentir une expansion et tout le flux de la respiration à travers votre corps, un flux qui est en mouvement. Au cours du processus, il se peut que vous ne sentiez pas tout ce trajet mais que vous sentiez votre respiration juste par exemple au niveau du plexus ou du ventre, qu’en fait, ce soit la seule zone où vous puissiez vraiment sentir ce mouvement. Placez-vous là où vous pouvez le sentir et au bout d’un moment, élargissez le champ de la conscience en vous disant : « Là, qu’est-ce qu’il se passe ? ».

Peu à peu, commencez à le sentir dans d’autres zones. On peut le sentir aussi au niveau des narines, dans le haut du nez, vous trouvez où c’est perceptible, et ensuite vous laissez votre conscience se déplacer pour en trouver des traces subtiles.

J’espère que cela vous aide et clarifie les choses pour vous. Parfois on a une perception très figée de la respiration qui nous reste des moments d’école où on a vu sur le tableau noir un dessin de deux poumons. Le mode visuel est très bon pour nous connecter avec le monde extérieur, c’est très précis, mais les yeux ne ressentent rien, la vision ne ressent rien, alors que les corps ressentent.

L’enseignement dans le satipaṭṭhāna dit de sentir le corps dans le corps. Comment est-ce qu’il effectue cette connaissance ? Comment est-ce que vous allez amener cette connaissance ? Vous y avez pensé ? Le corps, le corps,… le regarder ? Le ressenti corporel est une expérience très sensible, très riche, fluide, et vivante, elle nous dit beaucoup de choses sur les tensions, les zones de détente, et aussi sur notre bien-être ou quand on se sent malade.

Cela nous dit aussi lorsque l’on ressent de la peur, ou de la tristesse ou de la colère, si vous vous sentez accueillis ou pas, cela vous dit beaucoup de choses, mais à sa propre façon. Donc c’est à vous d’être à l’écoute et d’apprendre sa langue ; en même temps c’est une langue qui n’a que cinq mots, mais ces mots ont leurs déclinaisons.

J’en ai sûrement dit assez sur cela pour l’instant, mais est-ce que cela a du sens, est-ce que vous pouvez comprendre ce que c’est que d’être dans un bien-être ressenti ? De se sentir dans sa complétude, dans sa plénitude chaude, détendu, de se sentir bien ?

Beaucoup de nos expériences et particulièrement de nos expériences douloureuses sont ressenties à travers le corps, donc ça nous mène droit au but alors que l’esprit peut partir en ébullition et en fait détourner de ce dont il est question : « Mais non, je ne suis pas en colère, je suis en train de montrer quelque chose de très très clair ».

Si on se pose pour écouter le corps, on peut se rendre compte que « oui, oui, il y a de la colère, je suis en colère ». Le corps ne ment pas, alors que l’esprit, lui, peut raconter toutes sortes de mensonges.

Question : A-t-on ou non un libre-arbitre ?

Réponse : Pourquoi est-ce que vous voulez le savoir ? (rires). On a des choix qu’on peut faire mais ils sont limités n’est-ce pas ? Donc jusqu’à un certain point on a une liberté, on peut voir si l’on doit suivre cela ou ceci en fonction de telle impulsion, si on va la nourrir ou se poser, agir sur cette base ou pas. Mais c’est assez limité, et lorsqu’on reconnaît nos limitations on peut voir aussi de la même façon à quel point nous sommes programmés, conditionnés, agissant sur un mode automatique, réactif.

On voit là à quel point on a très peu de choix, ça fait partie en fait de ce que l’on appelle l’expérience de dukkha.

Question : Le premier soir en méditation debout, j’ai eu une douleur continue qui grandissait dans le bas de mon dos. J’ai accueilli avec bienveillance cette douleur sans être stoïque et crispé et sans non plus l’éviter. Au bout d’un moment la douleur est devenue très forte. Elle s’est éteinte d’un seul coup mais a laissé la place à un malaise vagal avec vertige et nausées. Je me suis allongé et c’est passé, mais aurais-je dû arrêter avant ? Est- ce que j’ai bien fait ? Je n’avais pas l’impression d’avoir dépassé mes limites car j’ai l’habitude d’accueillir cette douleur de cette façon, mais là c’était la première fois que j’ai eu un malaise.

Réponse : On doit sentir l’enracinement, les pieds dans le sol, et propager cet enracinement à toute notre forme de façon à garder une attention flexible. Ça s’étend de la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne et également ça se diffuse en largeur ; c’est une attention très flexible, très mouvante. Ceci permet d’aborder la zone douloureuse en sentant de quoi ça a besoin, peut-être d’espace. Puisqu’on a une conscience globale du corps, participez, entrez en sympathie avec ce qui est en train de se passer, avec beaucoup de douceur.

On peut aller aussi respirer à l’intérieur de cela, mais c’est une attention très douce comme dans l’exemple que j’ai donné l’autre jour : de la même façon que l’on tiendrait un oiseau, bien fermement mais en même temps avec douceur. Mais bien sûr, si la douleur s’amplifie beaucoup, alors vous faites les choses évidentes qui sont, soit de marcher un peu, soit de vous allonger. Car il se peut que vous n’ayez pas encore développé l’habileté de pouvoir rester dans la présence, dans la pleine conscience. A ce moment-là, il vaut mieux faire ce que l’on fait habituellement, il n’est pas bon d’essayer à toute force, car alors le corps tout entier se verrouille.