Rester dans le réel (7)

Septième jour

Enseignement du matin

 

Dans la méditation, nous prenons refuge dans huit éléments rassemblés de sagesse, que détient l’esprit, la conscience.

La porte d’entrée de l’expérience corporelle est le ressenti, puisqu’il ne voit pas, n’entend pas ; son mode de connexion est par le toucher et le ressenti.

L’aspect extérieur du toucher consiste à toucher quelque chose, quelque chose de dur, quelque chose de mou, quelque chose d’aiguisé qui est là. L’aspect intérieur, c’est la qualité qui consiste à ressentir ce que cela fait, comment on éprouve le fait d’être touché.

Quand vous rassemblez vos mains, vos doigts peuvent se toucher et vous avez conscience du fait que vos mains sont jointes. C’est l’aspect extérieur que nous pouvons voir. L’aspect intérieur, c’est que vous pouvez sentir une forme de chaleur là où il y a contact, peut-être une sorte de picotement, ou une énergie qui est en mouvement. Vous pouvez sentir la pression que ce contact effectue, qu’il y a une partie qui est en appui sur l’autre.

Vous pouvez aussi avoir le sens de la solidité là où il y a un contact d’une main qui vient toucher l’autre, ainsi la présence de la solidité devient plus vive dans l’esprit ; vous êtes en train de faire l’expérience de quelque chose de très ordinaire, mais du point de vue de son aspect intérieur.

Vous pouvez aussi remarquer avec le toucher que les bouts de vos pouces sont en train de se toucher, en appui ; vous sentez ces points de contact et vous pouvez aussi peut-être sentir une ligne qui remonte depuis vos pouces tout le long du bras. Si vous poussez sur vos pouces très fermement, peut-être est-ce que vous pouvez même sentir jusqu’à votre poitrine.

C’est là l’élément eau qui effectue ces ondes de choc dans tout le corps, la façon dont une sensation peut se déplacer, être en mouvement, être ressentie, comme une onde de choc sur un lac. C’est tellement normal, tellement ordinaire que nous n’y prêtons pas beaucoup de considération. Imaginez comme ce serait étrange si en poussant vos pouces l’un contre l’autre vous ne sentiez que ce point de contact et aucune autre sensation. Comme s’il n’y avait pas de charge, pas d’énergie, là, ce serait comme d’être un morceau de bois, n’est-ce pas.

Donc il y a ces éléments, on peut y porter l’attention même dans un geste simple comme le fait que les deux pouces se touchent. La façon dont nous pensons, dont nous imaginons, manque souvent de sensibilité, de conscience. En faisant l’expérience de notre intériorité, nous y rencontrons les éléments qui y sont présents. S’il n’y avait pas la présence de ces éléments, nous nous sentirions morts, comme une coquille vide.

Que signifie concentration ? Ça signifie d’être rassemblé dans l’expérience vivante, de le faire dans la continuité, c’est la première étape, de porter votre attention sur ce qui se passe dans le corps.

Souvent on donne le conseil de porter son attention sur la respiration, car c’est un aspect significatif de la vie corporelle, c’est la force de vie elle-même qui a une relation immédiate avec nos émotions, avec notre esprit. Véritablement, lorsque nous portons notre attention sur la respiration, nous la portons sur l’essence de la vie.

L’expérience de la respiration se fait à travers la capacité de toucher. Cela peut être à travers le contact de l’air dans vos narines ou sur la partie supérieure de votre lèvre, ou la pression abdominale tandis que les muscles poussent et se rétractent. Vous pouvez sentir, avoir l’expérience d’un mouvement qui brosse toute la région de la gorge, ou cela peut être juste la poitrine qui se gonfle.

Nous pouvons y avoir accès par un point particulier, mais l’intention est de pouvoir sentir la respiration dans son ensemble. On part du point où elle est plus accessible et petit à petit on essaie de sentir une respiration la plus pleine et la plus profonde possible.

L’habitude de l’esprit, c’est d’exclure, de ne pas remarquer, de se focaliser uniquement sur des aspects particuliers, de ne pas s’ouvrir ; il ne s’imbibe pas véritablement et n’apprend pas des expériences vivantes.

Or il s’agit là de votre force de vie, et cela vaut vraiment la peine de vous ouvrir à sa plénitude.

En particulier, je vous encourage fortement à prendre conscience qu’au cœur de la plénitude de votre respiration, il y a des zones dans votre corps qui ont besoin d’être prises en compte, qui ont besoin d’être relâchées, qui sont tendues, oubliées, qui sont dures. C’est ainsi que nous procédons à l’adoucissement de la nature d’exclusion de l’esprit. Même si le fait d’exclure des choses que vous n’aimez pas peut être utile, au niveau du monde extérieur.

Au niveau de votre monde intérieur, vous êtes une présence vivante et vous ne voulez pas exclure. Car tout fait partie de ce que vous avez, de qui vous êtes, c’est tout cet ensemble. Si vous commencez à exclure quoi que ce soit, eh bien vous séparez certains aspects, certaines zones de votre corps, de votre esprit. Vous pouvez imaginer quel effet cela a de vous diviser ainsi, comment on ressent l’exclusion, ne serait-ce que le mot lui- même et ce que cela provoque.

Qu’en est-il de l’inclusion, de l’adoucissement, est-ce que cela n’est pas plus doux à recevoir, plus spirituel ? Quelque chose qui peut accueillir l’entièreté de votre être, car il y a de la place pour tout cela ; vous n’êtes pas en train de lutter avec vous- même, d’exclure des choses, d’éviter quoi que ce soit, de souhaiter être ailleurs. Où d’autre pouvez-vous trouver votre force de vie si ce n’est dans cette chaleur, dans cette vitalité ?

Nous savons tous en fait que cette énergie est la plupart du temps impliquée dans les expériences négatives, désagréables, de façon à pouvoir les éviter; donc on peut se sentir inconfortable, avec des sensations désagréables, ou on peut se sentir déséquilibré, on peut sentir aussi les tensions qui circulent dans notre corps, avoir le ressenti général d’être un peu alourdi et brumeux.

Si vous élargissez, adoucissez cette expérience, cela vous permet d’entrer en contact avec des difficultés psychologiques comme lorsque vous vous sentez sans vie ou triste ou déprimé, ou anxieux ou irritable. Nous ne voulons pas de cela, allons vers l’aspect qui est joyeux, mais plus vous allez exclure, plus l’aspect heureux va diminuer.

En fait, le petit aspect heureux n’est contenu que par l’effort d’exclure tout le reste, de le nourrir constamment par nos pensées, par nos actions, alors que la pratique spirituelle consiste à effectuer un retournement de notre attention, de notre intention, de notre contact. De voir comment cela peut être rencontré non pas dans l’hostilité, dans le désir de changer quelque chose, dans le désir d’obtenir quelque chose ou de réparer quelque chose, mais juste de nous rencontrer nous-mêmes.

Il se peut que cela vous effraie, mais gardez à l’esprit qu’il y a une qualité que l’on appelle la spiritualité et que l’acte spirituel primordial, premier, est de pouvoir inclure. C’est une forme de générosité, un cœur généreux. C’est pourquoi très souvent la pratique bouddhiste commence par cette qualité de générosité.

Alors nous commençons à laisser de côté l’attitude que nous pouvons générer vis-à-vis de nous- mêmes, de notre esprit, de notre corps, vis-à-vis aussi de nos difficultés qui ne nous plaisent pas, à arrêter d’essayer de les écraser, de les faire disparaître, et tout simplement d’être.

Car la qualité de rencontre est vraiment cruciale, c’est quelque chose qui a beaucoup de sensibilité, et pour laquelle nous ne sommes peut-être pas très doués. Donc on utilise la respiration comme support de façon à pouvoir pénétrer différentes zones, respirer à l’intérieur d’elles, et que le souffle puisse ainsi se diffuser, que le mouvement de respiration nous permette l’ouverture.

L’aspect corporel de la respiration, c’est ce courant d’énergie que l’on peut sentir sous formes de sensations précises, mais aussi d’une énergie qui se déverse dans le corps ou sur le trajet de la respiration. Il faut observer l’attitude mentale, l’humeur qui peut être associée à cela, car il y a manifestement un état mental qui correspond à l’écoulement de la respiration, qui l’accompagne. Il y a l’aspect de confiance qui laisse le souffle se faire et la respiration nous traverser. Si l’on entre en contact avec cela, avec ce mouvement libre de la respiration, nous pouvons développer un sentiment de confiance, quelque chose qui nous est donné ; la respiration se produit, se fait d’elle-même.

Lors de l’inspiration, alors que l’énergie pénètre à l’intérieur, cela peut nous procurer un sentiment de joie, quelque chose qui s’illumine, qui se répand, qui se diffuse, tout est là, c’est là le point crucial. Tandis que la tonalité de l’expiration est un mouvement de détente, quelque chose qui se répand dans la continuité d’elle-même sans avoir d’intention, sans avoir à accomplir, faire, agir ou réaliser quoi que ce soit ; qui se déroule simplement dans la continuité, sans avoir d’objectif particulier.

Est-ce que vous pouvez laisser votre attitude se détendre au sein de cela, y faire confiance et vous y ajuster ? C’est très naturel, il n’y a aucun sentiment là de l’ordre de « combien de temps cela va durer ? Quand est-ce que je vais arriver à la fin de ce processus ? Quand est-ce que le bon moment va commence ? Quand est-ce que je vais avoir la récompense ? Quand est-ce que je vais m’éloigner des difficultés ? ».

Ça, ce sont tous les aspects qui vous bloquent dans votre méditation, qui voilent le processus, parce que l’attitude est erronée. Vous essayez d’arriver au bout de quelque chose et tout ce que vous savez, c’est que ce n’est pas terminé. Vous essayez d’arriver au bout et c’est un effort qui repousse le présent. Vous essayez d’arriver au bout de votre tristesse ou de votre colère, cela ça ne consiste pas à les rencontrer. Vous pouvez les traverser, les travailler, mais cela porte en soi toujours l’impression qu’il y a un autre part où nous allons pouvoir nous rendre. C’est comme si vous ouvriez la porte à quelqu’un qui arrive chez vous et que la première des choses que vous lui dites soit : « Quand est-ce que tu repars ? ».

C’est une énergie très forte, qui pousse à vouloir arriver vite au bout des choses, à les accomplir, les dépasser. Mais si vous rencontrez véritablement l’expérience, vous vous rendez compte qu’elle est toujours en mouvement, toujours en cessation et redémarrage. Ça commence et puis ça s’arrête. Les choses se coincent parce qu’on essaie de les faire sortir par la porte, et l’énergie que vous utilisez pour les repousser devient rigide.

Dans la méditation, la seule expérience que vous ayez est celle de votre propre poussée. Ça se présente sous différentes formes, nous appelons ça faire un effort, mais vous le ressentez comme une poussée: pousser les choses pour qu’elles s’accomplissent, faire avancer les choses en poussant le plus fort ; c’est de l’impatience.

La qualité intérieure de l’esprit est de ne pas pousser, cela recentre profondément, cela amène de l’énergie, de la vitalité, cela permet de découvrir la véritable nature des choses, qui sont dans un changement perpétuel.

Quand vous vous posez dans cette attitude de pureté d’être simplement avec les choses, vous élargissez votre conscience. Vous avez développé de la vigilance sur le mouvement qui consiste à se contracter sur quelque chose, à vouloir acquérir quelque chose ou à vouloir le repousser. C’est un mouvement de contraction de l’esprit que vous apprenez à repérer ; alors vous pouvez trouver une forme de paix, parce que cet état psychologique a commencé à se détendre, vous commencez à être en paix avec vous-mêmes tels que vous êtes.

Quand nous approfondissons cela, eh bien petit à petit cela a un effet de modification de notre cœur, le corps émotionnel commence à se sentir réconforté et soutenu. Nous ne sommes plus en lutte contre nous-mêmes, en train de nous dire qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. L’inclusion réconforte d’elle-même le corps et l’esprit.

Pour chaque individu, l’extériorité est unique et différente. Les niveaux de notre intériorité sont également différents, les schémas psychologiques, les schémas émotionnels, mais le processus d’approfondir et d’adoucir, qui est un processus de spiritualité, demeure le même, nous emmène dans un lieu qui est le même.

Ce n’est pas quelque chose que nous avons à décider ou à choisir, c’est simplement là où ça va. La mesure la plus profonde de l’intériorité est que c’est calme, profond, vide. L’exploration de notre intériorité nous fait entrer en contact, s’ouvrir, s’adoucir. Le processus se fait dans le domaine de la spiritualité, et avec cette dimension d’ouverture : cela ne peut pas se faire à partir de notre seule volonté.

Il y a des signes de sa réalisation, qui sont un sentiment de légèreté qui se met en place, en même temps de vivacité, et aussi un sentiment de stabilité, de régularité. C’est ce que l’on appelle la concentration régulière, assurée, lumineuse.

Nous allons prendre du temps pour la pratique.

 

Chant de clôture de la session.

 

C’est le moment où les personnes qui souhaitent prendre refuge dans les Trois Joyaux et les préceptes vont pouvoir le faire. C’est une façon d’envelopper notre pratique et aussi toute cette retraite. Nous avons commencé en nous ouvrant et en procédant à une exploration, nous pouvons finir dans ce mouvement en rassemblant tout, ce sera une façon de l’établir sur notre autel personnel.

Le mouvement rituel consiste à faire des prosternations à un autel ; c’est un rappel que l’autel qui est présenté là sous le plan extérieur est aussi présent à l’intérieur. C’est une façon de renforcer et d’amener ces qualités à l’intérieur de nous-mêmes.

On procède dans la langue ancienne de l’Inde qui est le pali.

La requête pour les préceptes est un peu étrange : c’est comme si j’en avais toute une collection derrière moi et que d’un seul coup je les distribue. Plutôt qu’une requête, c’est de demander au moine que cela puisse venir à votre esprit, c’est plus comme une caisse de résonance.

Ensuite, nous avons les louanges pour le Bouddha, la prise de refuge. C’est le sens d’avoir un abri, de se rassembler et de prendre refuge dans le monde spirituel. Le mot de refuge en lui- même est assez puissant, puisqu’il implique que peut-être dehors, à l’extérieur, cela peut être orageux et houleux. Quand je dis à l’extérieur, ce n’est pas à un niveau uniquement géographique ou physique. Il s’agit de notre intériorité, qui peut être aussi assez agitée et abrupte ; nous prenons refuge, dans ce sens, à l’intérieur de nous.

Le dernier aspect, c’est la prise des cinq préceptes. C’est la façon dont nous amenons les qualités d’intériorité directement dans le monde extérieur, dans la façon dont nous vivons dans nos actions.

Parmi les cinq préceptes, il y en a un qui est le point crucial, le fait de développer une conscience et un soi. La conscience, c’est le fait de pouvoir se rendre compte, lorsqu’il y a quelque chose que j’ai fait ou que j’ai dit, que ce soit un mensonge ou une parole dure, qui ne me laisse pas très à l’aise, ne me laisse pas un bon arrière-goût.

Le fait de s’en soucier, de se rendre compte que ce que j’ai fait ou ce que j’ai dit a eu un effet sur d’autres qui n’est pas bon, est une forme de tendresse et de reconnaissance de notre propre sensibilité, ainsi que de celle des autres. C’est la base de ce que l’on appelle la moralité ou l’éthique.

Il faut se souvenir que l’on est au niveau d’un aspect intérieur, donc il ne s’agit pas d’une loi. Il est certain que l’on a pu faire l’expérience de la moralité comme étant une loi qui vient de l’extérieur, qui nous est imposée et qui dit que si on ne se comporte pas de la sorte on est puni.

Lorsque la source est extérieure, il y a un son beaucoup plus dur, alors que si cela provient de l’intériorité, c’est plus une question de sensibilité par rapport à l’effet que l’on produit sur nous-mêmes, aussi bien que sur les autres.

La phrase rituelle, là, c’est de dire : « Je m’engage à m’entraîner, à développer ce qui est bon en moi ». Ce n’est pas une loi, mais comment se guider soi-même vers son propre bien et vers le bien des autres.

C’est pourquoi à la fin il est dit que les préceptes sont une source de joie, et aussi une forme de richesse et une forme de paix, de sérénité.

L’autre aspect des préceptes c’est une qualité d’amour et de compassion dont on peut jouir.

Ceux qui veulent prendre refuge peuvent rester à leur place. Tous, dans nos cœurs, nous pourrons réciter.

Nous allons vous donner une petite démonstration.

Ajahn Sucitto chante.

C’est la façon dont cela commence. Vous pouvez répéter, en tout cas les personnes qui veulent prendre refuge peuvent chanter les paroles.

 

Chants et refuges

 

Les cinq préceptes sont une petite lutte, un petit défi, nous allons prendre une phrase à la fin.

Récitation

Ceci, c’est le précepte d’éviter de prendre intentionnellement la vie de toute créature qui respire.

Récitation

C’est le précepte d’éviter de prendre ce qui n’est pas à nous.

Récitation

C’est le précepte qui consiste à éviter tout comportement sexuel irresponsable.

Récitation

C’est le précepte qui consiste à éviter d’utiliser sa parole sans réfléchir.

Récitation

C’est le précepte qui consiste à éviter de prendre des substances qui voilent ou qui nuisent à la clarté de l’esprit.

Récitation

Il s’agit d’un comportement assez raisonnable, standard, pas extrême. Si on arrive à traverser une journée sans avoir tué, volé, ou créé trop de nuisances, de dommages, on peut la marquer d’une pierre blanche, elle aura été vraiment une bonne journée.

Si des voix viennent nous harceler en disant : « Tu n’es pas assez bien, tu n’es pas à la hauteur, tu es mauvais etc.. », vous pourrez leur dire : « Tais-toi, j’ai respecté les préceptes ».

C’est une façon de se relier à sa propre bonté fondamentale et c’est toujours le même principe, vous allez activer, vous établir dans les aspects qui sont utiles, qui sont bons. Cela réduit les aspects négatifs ou nocifs sans qu’il y ait rien d’autre à faire.

C’est une façon de faire plus pragmatique et utile que celle qui consiste à énumérer tout ce qui ne va pas chez vous ou tout ce qui ne va pas chez les autres. Si on ne se donne pas les ressources pour développer l’enracinement, l’ancrage, la vacuité, la compassion et à réussir à les transmettre au monde, cela nous rend plus frustré, plus amer.

Cela c’est le point de départ, c’est la base, à partir de là vous allez un peu élargir l’éventail, y inclure les mammifères, et petit à petit y inclure aussi les oiseaux, puis les poissons, puis les insectes. Vous essayez d’aller jusqu’où vous pouvez dans ce chemin.

C’est ainsi que l’on se développe. On part d’une énergie dans un point précis puis on élargit dans les autres domaines.

Le dernier des préceptes consiste à éviter de prendre des intoxicants. Il me semble que certains sont un peu nerveux par rapport à ça. La base, c’est déjà de ne pas prendre des choses qui vont vous effondrer complètement. Si vous pouvez toujours vous tenir sur vos pieds, c’est que vous n’êtes pas aussi ivre que cela…

Petit à petit, vous allez donner une base au développement de votre clarté et prendre goût à ce développement, sans être rigide, et l’établir comme une règle. Vous pouvez aider d’autres personnes car s’il y a des personnes qui n’ont pas problèmes avec l’alcool, d’autres en ont un vrai. En manifestant le fait que c’est possible de vivre bien sans cela, en les aidant. On fait l’effort d’avoir de la sorte une attitude amicale.

C’est ainsi que se termine l’aspect formel de la retraite. Ayons un moment d’appréciation pour ceux qui ont permis qu’elle se fasse. C’est beaucoup de travail que d’organiser, s’occuper des inscriptions, faire tout ce qu’il y a à faire. Ayons-en de la reconnaissance.

Egalement pour la traductrice, qui doit sauter d’une langue à l’autre, qui au lieu de s’imprégner des paroles de l’enseignant et de les laisser se déposer, doit immédiatement se précipiter, sauter dans une autre langue. Une grande appréciation pour cela.

A vous tous aussi d’avoir enduré tout ce qu’il y avait à endurer, le fait d’avoir partagé votre chambre, et surtout pour toute l’attention que vous avez donnée. C’était vraiment quelque chose de magnifique.

Ainsi dans l’instant présent, apprécions tout ce que nous recevons, à quel point nous recevons beaucoup de choses dans notre vie.

Silence.

Nous allons faire la pause du déjeuner, avec tout d’abord l’offrande du repas.

Après le repas, vers midi et demi, je sortirai, de façon à ce que l’on puisse se dire au revoir et échanger quelques paroles, les uns et les autres. Qui plus est, nous avons apporté avec nous des livres en anglais qui sont librement disponibles, si certains les veulent.

Vous pouvez maintenant parler.

 

Chant de clôture.

 

Enseignements du Refuge n°19

Rester dans le réel Ajahn Sucitto Bhikkhu

Les Livrets du Refuge proposent deux collections :

Enseignements du Refuge

Transcriptions et traductions d’enseignements donnés au Refuge lors de week-ends ou de retraites.

Textes choisis

Sélections de textes de la tradition Theravāda, principalement de l’École de la Forêt, dans des traductions souvent inédites.

Réalisé et offert pour une distribution gratuite par

Le Refuge

Tél : 06 95 85 83 87

Courriel : lerefugebouddhique@gmail.com www.refugebouddhique.com

ISBN : 978-2-37533-028-9