Léthargie et somnolence

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Brahmane, si un récipient était plein d’une eau recouverte d’algues et de plantes aquatiques et qu’un homme doté d’une bonne vue essayait de voir son reflet dedans, il ne pourrait pas le reconnaître ni le voir tel qu’il est réellement. De même, quand une personne demeure l’esprit empli de léthargie et de somnolence, qu’elle est submergée par la léthargie et la somnolence…

Le troisième obstacle est double : thīna-middha, souvent traduit par « indolence et torpeur ».

Selon Le chemin de la pureté, le premier mot, thīna, littéralement « raideur », signifie «paralysie due au manque de célérité et absence de vigueur». Il a pour « caractéristique de manquer d’énergie motrice. Sa fonction est de retirer de l’énergie. Cela se manifeste par un amenuisement ».

Quant au terme middha, il signifie « torpeur » ou « apathie ». « Il a la caractéristique de la lourdeur. Sa fonction est d’étouffer. Cela se manifeste par de la paresse, piquer du nez ou tomber de sommeil. Ainsi, une définition plus claire des deux termes serait plutôt « léthargie et somnolence ».

Bien sûr, la léthargie et la somnolence peuvent être exprimées de diverses manières, physiquement, mentalement ou spirituellement. Parfois, elles peuvent avoir une origine physique ou se manifester plus physiquement : le corps manquant de force ou de vigueur, il est difficile de le faire bouger ou même de l’asseoir droit ; il semble être fait de gélatine, ne pas avoir de contours précis ou bien produire des sensations amorphes.

À d’autres moments, l’aspect mental peut prédominer : l’esprit semble n’avoir aucune stabilité ou refuse de répondre aux directions qu’on lui donne ; nous le ressentons comme dans un brouillard ou dans un état de rêve, ou comme s’il s’enfonçait dans une mare boueuse.

Si la léthargie et la somnolence n’ont pas de source physique ou mentale évidente, elles ont généralement une origine spirituelle.

La léthargie et la somnolence sont fondamentalement un manque d’énergie, et la dynamique fondamentale est d’abord la déflation (de l’énergie) suivie d’un effondrement.

Il est donc utile de pouvoir distinguer ce processus de déflation : premièrement, pour pouvoir le reconnaître avant qu’il ne devienne excessif ou habituel ; deuxièmement, afin de déterminer ce qui cause cette perte d’énergie ; et troisièmement, pour examiner si et comment cette déflation peut être inversée.

Si léthargie et somnolence sont trop avancées, il est très difficile d’avoir assez d’énergie disponible pour travailler avec elles. Il est beaucoup plus facile de faire le plein de carburant de votre voiture avant que le réservoir soit totalement vide et que vous soyez bloqué sur l’autoroute.

Source du texte   Dhamma de la forêt