Méthode spécifique

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Parfois, la léthargie et la somnolence requièrent la mise au point de moyens habiles spécifiques ou l’utilisation de techniques particulières pour traiter le problème qui est le vôtre.

L’attention doit toujours être au premier plan mais nous pouvons aussi être créatifs et écouter notre intuition.

L’une des causes de la léthargie et de la somnolence mentionnées dans les Écritures est la « somnolence après les repas ». Comme il a été dit dans le chapitre sur les désirs sensoriels, la pratique qui consiste à « manger avec modération » est d’un grand secours.

Le Commentaire sur l’Aṅguttara Nikāya explique que cela signifie cesser de manger alors que l’on pourrait encore avaler quatre ou cinq bouchées de nourriture (NDB, 1595 n.34). De plus, pour augmenter l’énergie et faciliter la digestion, il est bon de faire une méditation marchée tout de suite après le repas ou d’entreprendre toute autre forme d’activité telle que balayer ou ranger ses affaires.

Une autre cause de léthargie et de somnolence évoquée est « l’apathie de l’esprit ». Il est bon de commencer par voir si cette apathie est causée par un problème physique ou par autre chose.

Elle pourrait être liée à des changements de temps, en particulier par temps chaud. Pendant les après-midi particulièrement chauds et humides de Thaïlande, j’ai remarqué que mon esprit était très apathique.

C’est arrivé tellement souvent que j’appelais cela « l’effondrement tropical » et la seule méthode efficace pour y remédier était de faire plus de méditation en marchant et de boire de la caféine !

Parfois, cela peut aussi être dû à des problèmes digestifs ou à des troubles du sommeil.

Il arrive que les méditants, en particulier pendant les longues retraites intensives, souffrent de troubles rénaux dus à de nombreuses heures en position assise.

Rester assis pendant des heures peut provoquer des tensions dans le bas du dos et une compression des reins.

Un de mes amis moine d’origine chinoise m’a parlé d’un traitement chinois des reins par l’eau qui consiste à boire cinq verres d’eau distillée dès le matin pour nettoyer les reins. (Si jamais vous essayez, veillez à vous trouver dans un endroit proche des toilettes !)

En théorie, il s’agit de purger les reins mais j’ai découvert que cela a un autre effet. Comme le système digestif doit traiter toute cette eau, la circulation sanguine est accélérée.

Je buvais toute cette eau le matin et j’avais la sensation d’avoir avalé une tasse de café bien fort.

J’étais « dopé » mais de façon très paisible et je ne me rendormais pas (en partie parce que je devais aller aux toilettes toutes les quinze minutes !)

L’article que mon ami moine m’a montré à ce sujet disait que ce traitement guérissait de nombreuses maladies en éliminant les toxines contenues dans les reins.

Bien que la quantité d’eau optimale spécifiée soit de cinq verres, je vous suggère de faire des essais pour voir ce qui vous convient.

À d’autres moments, l’apathie de l’esprit est plutôt liée à un problème mental.

Peut-être que nous passons par une période de détresse émotionnelle ou que des souvenirs perturbants nous reviennent à l’esprit.

Peut-être sommes-nous sous un nuage de perte d’intérêt ou nous sentons-nous découragés ou déprimés.

La méthode principale pour traiter cet esprit apathique (comme mentionné ci-dessus) est de développer les facteurs d’éveil les plus énergisants : l’étude du Dhamma, l’énergie et la joie (S.V, 113).

Source du texte   Dhamma de la forêt