Les valeurs de la société

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Connaître « les huit conditions du monde » nous aide à voir aussitôt quand nous sommes piégés par elles mais aussi à aller au-delà, à voir qu’elles ne sont que des conditions passagères.

La pratique spirituelle peut englober tout l’éventail des expériences, positives et négatives.

Selon les critères du monde, la pratique spirituelle devrait permettre d’en « retirer » quelque chose. Or il est rare que les valeurs spirituelles entrent dans les catégories habituelles des expériences « désirables » ; elles sont même parfois tout le contraire.

Le Bouddha en a fait le résumé suivant :

 

Ce dont vous pouvez dire « Ces choses mènent à la fin des passions, pas à la passion ; au détachement, pas à l’attachement ; à la diminution, pas à l’accumulation; à vouloir peu, pas à vouloir beaucoup ; à être facilement satisfait, pas à être difficile à satisfaire ; à la solitude, pas à la socialisation ; au déploiement de l’énergie, pas de la paresse ; à la frugalité, pas au luxe » – de ces choses vous devez savoir avec certitude qu’elles relèvent de l’enseignement, de l’entraînement, des instructions de l’Éveillé. (A.IV, 280).

 

Combien de ces valeurs spirituelles vous surprennent ?

Si je retourne la question que l’on pose habituellement dans le monde : « Qu’y ai-je gagné ? » pour demander : « Qu’ai-je laissé tomber ? » j’ai une perspective complètement différente de l’expérience.

Pour répondre à cette question, nous devons aller au-delà des limites des concepts, dans une autre dimension de notre être où nous ne regardons généralement pas.

Cette question nous mène vers le non- soi, le non-ego, l’impersonnalité.

Et la réponse est généralement positive, parce qu’au fil de la pratique spirituelle, l’ego a abandonné une partie de son avidité, de son aversion et de son ignorance.

En tant que question spirituelle, se demander ce que nous avons laissé tomber, ce que nous avons abandonné, ce dont nous nous sommes libérés, est plus important.

Et la réponse normalement positive incite à poursuivre la pratique car nous constatons des résultats bénéfiques.

Si nous arrivons à la pratique spirituelle avec des attentes, nous ne pourrons qu’être déçus.

La méditation bouddhiste consiste à apprendre à voir les choses telles qu’elles sont réellement.

Donc, si nous pouvons être plus réceptifs à tout ce qui survient, nous ne serons jamais déçus.

Plutôt que d’être aveuglés par des attentes, nous observons les choses clairement : « Oui, c’est très intéressant. Pourquoi me laisserais-je gouverner par des attentes ? »

Source du texte   Dhamma de la forêt