« Je ne sais pas »

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Certains doutes peuvent ne pas être résolus facilement. Nous devrons peut-être mettre des conseils en pratique afin d’en vérifier la justesse par nous-mêmes.

Ajahn Chah a dit un jour : « Je ne peux pas vous donner la sagesse, je ne peux que vous donner la patience. »

Autrement dit, il pouvait nous encourager à persévérer dans la pratique jusqu’à ce que nous arrivions à notre propre sagesse qui nous permet de voir clairement les choses telles qu’elles sont.

Cela implique une certaine cohérence dans notre investigation intérieure, ainsi qu’une vérification dans la réalité et par recoupement.

Et parfois, il est simplement plus honnête de reconnaître que nous ne savons pas.

L’un des enseignements les plus fréquents d’Ajahn Chah était : « C’est incertain » (en thaï : maï nae).

Puisqu’au final tout change, que tout est impermanent, il en ressort que rien n’est certain ni fiable.

Pouvez-vous vivre avec cela ?

Que ressent-on quand on ne sait pas ?

Souvent – plus souvent que nous ne le pensons –, on ne sait vraiment pas. Mais si on sait qu’on ne sait pas, c’est une forme de savoir. Nous avons tout de même conscience des sensations physiques, de la tonalité des ressentis, de l’état d’esprit de l’instant présent, et peut-être sommes-nous aussi prêts à garder l’esprit ouvert pour essayer d’apprendre au moment où la possibilité de connaître se présentera.

L’avantage c’est que, lorsque nous savons que nous ne savons pas, nous pouvons chercher, rechercher et investiguer.

Si nous pensons savoir ou prétendons savoir, non seulement nous nous trompons nous-mêmes, mais nous n’essayons pas de chercher plus loin.

Source du texte   Dhamma de la forêt