Peur et angoisse

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Pour maîtriser la peur et l’anxiété, il est bon d’observer le processus de la peur comme un simple témoin objectif ou comme un investigateur intéressé.

Pour moi, le moyen le plus évident consiste à examiner la réaction de peur dans le corps. Le corps est plus lent à changer que l’esprit et exprime les émotions de manière beaucoup plus tangible.

Ainsi, lorsque la peur apparaît, nous pouvons porter l’attention aux sensations physiques qui sont assez évidentes : le cœur qui s’emballe, la chaleur qui monte au visage, les muscles qui se contractent, etc.

Il y a des expressions tangibles de peur que l’on peut observer clairement.

Par contre, si je vais directement à l’émotion qui accompagne la peur, un vortex de réactions croissantes aux réactions et de réaction aux réactions peut survenir très rapidement, et je me retrouve aux prises avec une attaque de panique ou même une crise cardiaque.

Tandis qu’être un témoin de l’expression physique de la peur nous permet d’en avoir conscience sans être happé par elle.

Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi facile car nous avons presque tous une longue relation avec différentes formes de peur.

Le principe est d’essayer d’y accéder dans une certaine mesure, sans se laisser submerger.

Si nous nous laissons dépasser par la peur, nous allons être confrontés à des réactions à la peur toujours plus traumatisantes. Nous pouvons finir par être traumatisés à nouveau en réitérant le vieux syndrome de peur.

Toutefois, si nous pouvons toujours y avoir accès, par exemple à travers ses effets physiques, nous pourrons obtenir une perspective plus objective sur la nature du syndrome de la peur.

Cela ne veut pas dire que l’on s’en libère à jamais mais pouvoir l’observer avec moins de crainte nous donne plus de confiance pour réellement travailler avec la peur et ne pas se sentir poursuivi par elle en permanence.

Source du texte   Dhamma de la forêt