Cessation du désir

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Grâce à une prise de conscience claire des désirs sensoriels et à l’investigation et la compréhension de leurs causes, certaines formes de désirs peuvent disparaître ou au moins diminuer d’intensité.

Cependant cet état de fait est profondément enraciné dans notre sentiment primal et fondamental d’être une personne, d’être « moi ». Par conséquent, pour nous libérer de sa puissante influence, il va falloir un effort concerté qui réalignera notre approche de la réalité grâce à la méditation.

La principale cause de l’apparition du désir de plaisir sensoriel est que nous accordons une attention indue à l’apparence attrayante des choses.

La façon de se libérer de cette tendance est de changer notre perspective, c’est-à-dire de porter une attention juste aux aspects peu attirants de la réalité.

Nous avons d’abord besoin de savoir quel domaine des sens nous attire particulièrement et éveille notre désir. Ensuite, nous allons trouver un moyen habile pour amener notre attention sur ses aspects désagréables, déplaisants et apporter ainsi un peu de réalité à nos images illusoires.

Prenons, par exemple, un vêtement qui vous attire. Il est très beau en cet instant mais de quoi aura-t-il l’air après avoir été porté pendant quelque temps ? Allez-vous l’utiliser souvent ? Combien de temps sera-t-il à la mode ? La plupart des choses ne sont pas vraiment aussi attirantes qu’elles en ont l’air au départ – ce qu’une sage réflexion vous révèlera certainement.

Pour de nombreuses personnes, le désir le plus fort et le plus persistant est le désir sexuel. Par conséquent, pour y faire face, il faudra faire un certain effort pour contempler ses aspects déplaisants.

Dans la tradition theravada, ce travail est facilité par la pratique de méditations dites asubha, qui consistent à prendre en considération les aspects peu attirants du corps (19).

(19) Les Commentaires parlent d’une « image du non-attirant » (asubhanimitta) qu’ils définissent comme les dix formes du cadavre en décomposition. Ailleurs (A.III,323) il est dit que la méditation sur les 32 parties du corps mène à l’abandon du désir des sens, tandis que la méditation sur le cadavre mène à l’éradication de la vanité du « je suis ».

Source du texte   Dhamma de la forêt