La vision juste

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Le point le plus important dans la notion de « vision juste » est que tout apparaît et cesse selon le principe de causalité conditionnée et que nos actions intentionnelles (kamma) ont un effet (vipāka) sur ce principe.

La vision juste consiste également à comprendre ce qui est sain, ce qui est malsain et ce qui est à la racine de cela (M.I, 46), ainsi que ce qui est juste ou faux en terme de vision, d’intention, de parole, d’action et de moyens de subsistance.

Cela soutient alors également l’effort juste et l’attention juste, autrement dit, tous les facteurs de l’Octuple Sentier (M.III, 71).

Le Bouddha était parfois pragmatique dans son explication de la vision juste. Par exemple, dans un discours (M. sutta 60), il expose divers points de vue erronés et justes, puis explique très soigneusement et méthodiquement pourquoi il est préférable de vivre sa vie conformément à la vision juste, même si l’on n’est pas sûr que ce soit vrai.

Par exemple, si on se comporte bien dans cette vie, on est apprécié maintenant et (s’il y a un autre monde) on renaîtra dans une sphère agréable (36) favorable.

La vision juste est parfois expliquée dans le contexte de la réalité supra-mondaine comme étant la claire compréhension des Quatre Nobles Vérités (M.I, 48 ; III, 251); la parfaite compréhension que les cinq agrégats de saisie (khandha) sont impermanents (S.III, 51-2); ou la claire vision de la réelle nature des six sphères des sens, du contact, de la conscience et des ressentis (M.III, 288).

La vision juste découle de l’une ou l’autre de ces deux conditions : l’apprentissage (littéralement, la « voix d’un autre ») (37) ou l’attention appropriée, et lorsqu’elle est soutenue par les cinq facteurs de la vertu, l’apprentissage, la discussion, le calme et l’investigation profonde, elle aboutit à la libération de l’esprit. (MI, 294).

(36) Pour un résumé plus détaillé, voir la note 621 du MLDB.

(37) Parato ghosa : à l’époque du Bouddha, il n’existait pas de livres. Par conséquent, le seul moyen d’apprendre les enseignements était de les entendre d’une autre personne. Aujourd’hui, l’apprentissage par l’audition est complété par d’autres moyens.

Source du texte   Dhamma de la forêt