Humiliation, polémiques et exploits spirituels

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Les Écritures mentionnent expressément d’autres sources d’agitation.

Par exemple, lorsqu’un moine ne reçoit pas suffisamment d’offrandes, il peut se sentir humilié ; quand on est humilié, on est agité ; quand on est agité, on perd sa retenue; sans retenue, l’esprit est incapable de se concentrer.

Deuxième exemple : si on se lance dans une polémique, il y aura beaucoup de discussions et toutes ces paroles agiteront l’esprit (A.IV, 87).

Parfois, même des conditions spirituelles positives sont source d’agitation.

Le Canon pāli raconte l’histoire du Vénérable Anuruddha demandant des conseils au Vénérable Sāriputta. Il commence par évoquer ses propres réalisations spirituelles :

« Avec la vision divine purifiée qui surpasse celle des humains, je peux observer l’univers aux mille facettes, mon énergie est intense et active, mon esprit est clair et dispos, mon corps est calme et apaisé, mon esprit est paisible et concentré. Pourtant, cet esprit n’est pas libéré des pollutions sans saisie. »

Le Vénérable Sāriputta lui répond:

« Anuruddha, mon ami, quand tu dis : ‘Avec la vision divine purifiée qui surpasse celle des humains, je peux observer l’univers aux mille facettes’, c’est de la prétention. Quand tu dis : ‘Mon énergie est intense et active, mon esprit est clair et dispos, mon corps est calme et apaisé, mon esprit est paisible et concentré’, c’est de l’agitation. Quand tu dis : ‘Pourtant, cet esprit n’est pas libéré des pollutions sans saisie’, il s’agit de remords. Il serait bon, mon ami, que tu renonces à ces trois états, que tu n’y prêtes pas attention et que tu focalises ton esprit sur ce qui est au-delà de la mort. » (A.I, 282).

En suivant ce conseil, le Vénérable Anuruddha n’a pas tardé à devenir un arahant.

Méditer sur « ce qui est au-delà de la mort » consiste à réfléchir sur « ce qui est paisible, ce qui est sublime, c’est-à-dire l’arrêt de toutes les activités (saṅkhāra), l’abandon de toute cause de renaissance (upadhi), le disparition du désir et des passions, la cessation ultime, le nibbāna. » (A.IV, 423).

Source du texte   Dhamma de la forêt