Doute et croyances

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Ceux qui sont issus de la tradition judéo-chrétienne ont une autre source de confusion : ils pensent que le contraire du doute est la foi.

On leur a dit que le doute est mauvais et diabolique, par conséquent, ils doivent croire tout ce qu’on leur enseigne. Si on passe cela au filtre du dualisme cartésien, on se retrouve devant un choix rigide entre le doute accablant et la croyance salvatrice.

Quant à la tradition bouddhiste, elle admet que le doute est une expérience commune à la plupart des gens.

Elle nous encourage à le reconnaître et, avec un degré raisonnable de confiance ou de foi, de mettre à l’essai les enseignements du Bouddha étayés par ses explications logiques afin d’en vérifier la justesse par nous-mêmes.

En fait, le Bouddha a déconseillé de croire trop facilement, comme il l’a expliqué avec force au peuple des Kalamas qui vivaient au nord de l’Inde :

« Kalamas, ne vous laissez pas guider par ce que vous avez entendu dire ni par les traditions. Ne vous laissez pas guider par l’autorité des textes religieux, ni par la réflexion ou les conclusions hâtives, ni par la spéculation sur l’opinion des autres, ni pour vous conformer au reste, ni par respect pour un maître.
« Cependant, lorsque vous savez par vous-mêmes que certaines choses ne sont pas justes, qu‘elles sont blâmables, condamnées par les sages et que, lorsqu’on les met en pratique, elles conduisent au mal et au malheur, abandonnez-les.
« Maintenant, je vous demande : Qu’en pensez-vous, Kalamas ? Lorsque l’avidité… l’aversion… l’ignorance apparaissent chez quelqu’un, est-ce pour le bien de cet individu ou pour son mal ? »
« Pour son mal, Vénérable. »

« Cependant, Kalamas, lorsque vous savez par vous-mêmes que certaines choses sont justes, qu’elles sont irréprochables, louées par les sages et que, lorsqu’on les met en pratique, elles conduisent au bien et au bonheur, pénétrez- vous de telles choses et pratiquez-les.
« Maintenant, je vous demande : Qu’en pensez-vous, Kalamas ? Lorsque l’absence d’avidité… l’absence d’aversion… l’absence d’ignorance apparaissent chez quelqu’un, est-ce pour le bien de cet individu ou pour son mal ? »
Les Kalamas répondirent : « Pour son bien, Vénérable. » (A.I,188)

Source du texte   Dhamma de la forêt