Conscience de la mort (autres moyens de stimuler l’énergie)

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Il est bon également de développer un peu la méditation sur la mort.

En général, je n’évoque pas ce thème en public car les gens ont tous une conception différente de la mort.

Pour les personnes qui souffrent d’une peine non résolue, cela risque de réveiller un traumatisme.

Pour d’autres, cela peut être un bon moyen de générer de l’énergie ou de les encourager à une plus grande diligence dans la pratique spirituelle.

S’il vous semble que vous avez besoin de ce type de pratique plus énergique, il peut être utile de vous rappeler régulièrement que la mort peut survenir à tout moment.

Nous avons tendance à croire que nous allons continuer à vivre jusqu’au jour où il devient évident que ce ne sera pas le cas ; un jour, nous sommes surpris… et c’est trop tard !

Dans un de ses discours (A.III, 304), le Bouddha encourage les moines à contempler la mort parce que cette réflexion est « très fructueuse et bénéfique ».

Il demande ensuite si quelqu’un médite sur la mort et l’un des moines répond : « Oh oui ! Je me dis : ‘Puissè-je vivre juste un jour et une nuit de plus’. »

Un autre moine répond : « Je me dis : ‘Puissè-je vivre assez longtemps pour finir la nourriture qui m’a été offerte’. »

Un autre répond : « Je me dis : ‘Puissè-je vivre le temps qu’il faut pour mâcher et avaler une seule bouchée de nourriture’. »

Enfin, l’un d’eux répond : « Je me dis : ‘Puissè-je vivre le temps nécessaire pour inspirer ou expirer. ”

Le Bouddha dit alors que seuls les deux derniers moines vivaient dans la présence consciente et développaient l’attention à la mort avec ardeur.

Nous n’en sommes généralement pas conscients, mais la mort peut survenir à tout moment, elle peut être immédiate.

Alors, quand nous comprenons que si nous somnolons en méditant, nous risquons de ne plus nous réveiller, nous sentirons peut-être un respect renouvelé pour l’application dans la pratique.

Source du texte   Dhamma de la forêt