Connaissance et analyse

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Le Commentaire sur l’Aṅguttara Nikāya (31) indique que la connaissance est l’un des principaux moyens de résoudre l’agitation et le remords.

Il mentionne spécifiquement les facteurs suivants : bien connaître les enseignements du Bouddha, se familiariser avec la discipline monastique (Vināya), savoir poser des questions, et se rapprocher de personnes expérimentées de qui on peut recevoir des enseignements.

Ceci est particulièrement pertinent pour ce qui concerne le remords, dans la mesure où, en nous référant aux Préceptes, nous pouvons savoir si notre comportement justifie vraiment le remords que nous avons.

Ensuite, nous pouvons consciemment suivre les procédures sur la façon de remédier aux erreurs commises.

Avoir suffisamment de connaissances aide également à résoudre facilement l’agitation causée par le doute et l’impatience.

Parfois, le simple fait de reconnaître consciemment l’agitation ou le remords est une solution en soi. Nous pouvons simplement lâcher le syndrome de l’agitation ou du remords, le laisser aller, le poser.

Si c’est difficile, nous pouvons au moins nous détendre en le remettant dans son juste contexte : « Bon, c’est simplement de l’agitation. »

À d’autres moments, une fois que nous sommes conscients de l’agitation ou du remords, nous pouvons essayer de trouver leur cause et cela peut apporter un certain degré de résolution.

Nous pourrions remarquer qu’en réalité, l’agitation n’est pas le vrai problème, que c’est juste une réaction au doute. À partir de là, l’investigation va englober le doute.

S’il est difficile d’élargir l’investigation, peut-être qu’un apaisement préliminaire de l’agitation pourra aider à mettre en évidence, à exposer ou à isoler le doute initial, de manière à faciliter une analyse plus approfondie.

Nous devrions également être conscients que, prises dans le bon contexte, certaines formes d’agitation peuvent être bénéfiques.

Par exemple, si notre pratique tombe dans la complaisance, un certain découragement doublé d’agitation peut nous inciter à en sortir.

De même, le remords peut être utile si nous le considérons de manière judicieuse.

Il peut nous maintenir sur la voie de la moralité. C’est une sorte de réponse sereine à la peur : « Cette action / ces paroles / ces pensées sont-elles appropriées ? »

Mais il faudra ensuite repérer le moment où cette approche risque de devenir excessive.

(31) 3 NDB, 1595 n.36 ; cf. CDB, 1909 n.96.

Source du texte   Dhamma de la forêt