Le doute

Extrait du livre « Travailler avec les cinq obstacles », Ajahn Thiradhammo.

Brahmane, si un pot rempli d’une eau agitée, trouble et boueuse, était placé dans l’obscurité, et qu’un homme doté d’une bonne vue essayait de voir son reflet dedans, il ne se reconnaîtrait pas et ne se verrait pas tel qu’il est vraiment. De même, si l’esprit de quelqu’un est envahi par le doute, submergé par le doute…

Le dernier des Cinq Obstacles est le doute (vicikicchā), également traduit par « perplexité » ou « incertitude ».

Le doute est une forme de non-savoir ; il est donc étroitement lié à l’illusion (moha) et à l’ignorance (avijjā) et il s’exprime de différentes manières.

Le doute dont il est surtout question dans le Canon pāli est le scepticisme, en particulier ne pas être convaincu de la valeur du Bouddha, du Dhamma, du Sangha et de l’entraînement sur la voie, mais il inclut également d’autres thèmes.

Cependant, à l’heure actuelle, surtout avec la prépondérance de la pensée, le doute se manifeste sous différentes formes telles que le doute de soi, la confusion, l’inquiétude et l’indécision mais aussi, d’une certaine manière, sous forme de peur ou d’anxiété.

Pour inclure ces autres formes de doute, ce chapitre est plus étendu que ceux consacrés aux autres obstacles. Les lecteurs qui ne seraient pas intéressés par ces aspects particuliers peuvent se limiter à lire le paragraphe intitulé « scepticisme ».

Le doute fait partie des sept prédispositions sous-jacentes (anusaya) que tout le monde possède dès le plus jeune âge (A.IV, 9 ; M.I, 111) ; c’est aussi l’une des dix entraves (sayojana) (A.V, 17).

Sa dynamique est l’hésitation et l’incertitude menant à l’indécision et, dans les cas extrêmes, à l’inertie ou à la paralysie mentale.

De nombreuses choses peuvent donner lieu au doute ; chacune a ses propres motivations. Si nous leur accordons trop souvent une attention excessive, cela ne fait qu’augmenter et aggraver le doute.

Si, par exemple, nous nous demandons ce que nous réserve le futur – sujet de spéculation commun à de nombreuses personnes –, il est facile de voir que ce genre de questionnement peut nous submerger de doute, d’incertitude et de confusion.

Source du texte   Dhamma de la forêt