Les 5 agrégats

Les 5 khanda (agrégats):

 

L’agrégat de la matière.

Il y a donc l’agrégat de la matière, l’agrégat matériel, l’agrégat des propensions matérielles, des activités matérielles, des phénomènes matériels. Il est le seul représentatif de la catégorie matérielle.

L’autre catégorie est celle des phénomènes mentaux, immatériels. Il y a quatre agrégats qui font partie de cette deuxième catégorie de phénomènes mentaux, ou immatériels.

L’agrégat de la sensation.

Le premier des quatre agrégats est la sensation, qui est la capacité de ressentir ce qui est agréable, désagréable, ou neutre.

L’agrégat de la perception.

L’agrégat de la perception est la faculté de percevoir, de mémoriser. C’est à ce moment-là que le processus de la mémorisation commence.

L’agrégat des formations.

Il y a ensuite l’agrégat des formations. On en compte cinquante-deux différentes. Les formations, ou les volitions dit-on aussi parfois, sont les propriétés de la conscience.

L’agrégat de la conscience.

La conscience est le quatrième agrégat immatériel, c’est la faculté de connaître. Lorsque la conscience connaît un objet, elle le connaît d’une certaine manière, elle le connaît, empreinte de certaines propriétés. Cette manière que la conscience a de connaître l’objet est l’agrégat des formations.

Source du texte

Autre présentation des 5 agrégats

  • La première famille est l’agrégat de la matière : rûpakkhanda

    Il s’agit des quatre éléments fondamentaux (l’air, la terre, le feu et l’eau), leurs différents états (fluidité, solidité et mouvements) et leurs dérivés. Par dérivés, la pensée bouddhiste désigne les organes sensoriels et mentaux (la vue, l’ouïe, l’odorat, l’olfaction, le toucher) et les objets leur correspondant dans le monde (les formes visibles, les sons, les odeurs, les goûts, le contact des objets avec le corps). A ces cinq modes de relation entre une faculté et son pendant dans le monde, est ajoutée un sixième avec l’organe mental d’un côté et les pensées, idées ou conceptions de l’autre.

  • La deuxième famille est l’agrégat des sensations : vedanâkkhanda

Toutes les sensations, qu’elles soient agréables, désagréables ou neutres font partie de ce groupe. Ces sensations sont de six catégories : celles issues du contact de la vue avec les objets visibles, de l’ouïe avec les sons, de l’odorat avec les odeurs, de l’olfaction avec les goûts, de l’organe mental avec les pensées.

La troisième famille est l’agrégat des perceptions : saññâkkhanda

La perception c’est l’identification et la reconnaissance des six catégories de sensations.

  • La quatrième famille est l’agrégat des formations mentales : sankharakkhanda

    Le bouddhisme met l’accent sur le lien entre formations mentales et volontés ou actions et intègre toutes les actions volitionnelles dans ce groupe (volition = action par laquelle la volonté se détermine). C’est au moyen du corps, de la parole et de l’organe mental que le sujet agit.
    De la même manière que pour les sensations et les perceptions, les actions volitionnelles se répartissent en six catégories (voir “agrégat de la matière).

    Les actes volitionnels rentrent dans le schéma du kamma, car ils font suite à des actes antérieurs et engendreront à leur tour d’autres actes. Ce ne sont bien entendu pas les sensations et les perceptions en tant que telles qui ont des effets karmiques.

    Le bouddhisme a dénombré cinquante deux activités mentales qui forment la famille de l’agrégat des formations mentales. Parmi les plus fréquemment citées et qui elles ont des effets karmiques, on trouve : le désir, la répulsion, l’ignorance, la vanité, l’idée de soi, … On trouve également : la confiance, la détermination, la volonté, la sagesse, l’attention, la concentration, …

     

  • La cinquième famille est l’agrégat de la conscience : viññânakkhandha

    La conscience est comprise ici comme la compréhension d’une certaine constance d’un certain nombre de réalités ayant pour fondement les facultés sensorielles et l’organe mental et ayant pour objet les données correspondantes du monde physique (formes visibles, sons, odeurs, sensations corporelles) ou mental (idées, pensées).
    Il ne s’agit pas d’une identification, d’une reconnaissance figée d’une réalité immuable. Il s’agit tout simplement de prêter attention au fait qu’il y a telle forme, tel parfum, telle sensation, sans y rajouter de valeur ni de jugement.

    Prêter attention à la simple apparition sensorielle d’une chose ou d’une pensée sans “intervenir” dans le processus est une démarche fondamentale dans la pensée bouddhiste.

    Pour la pensée bouddhiste, la conscience elle-même rentre dans la catégorie des éléments conditionnés, est elle-même en perpétuel changement et est donc appelée à disparaître purement et simplement.

    Comme ces composantes de la conscience sont impremanents, ils sont à leur tour dukkha.

    Il est important de noter que pour le bouddhisme la notion d’ “être” s’arrête là et qu’il n’y a rien d’autre dans la notion d’être que l’ensemble des cinq agrégats. Il n’y a pas un autre “être” ou un autre “moi” derrière ou autour des cinq agrégats qui éprouverait la souffrance ou le plaisir.

     

Le jeu des Agrégats:

L’une des particularités les plus remarquables du Bouddhisme est le fait qu’il nie l’existence d’une âme ou d’un ego permanents ou éternels. Le Bouddha a dit qu’il n’y a pas d’âme, pas de personne, pas de “je” indépendant. Ce qui existe est une combinaison de processus mentaux et physiques en état de flux constant. Ce qu’on appelle une personne n’est pas autre chose qu’un processus de phénomènes corporels et mentaux.

Le mot “je” ou le mot “personne” ne sont que des termes conventionnels s’appliquant à un être. Au niveau conventionnel, nous avons des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées, des chiens et des chats. Ces mots servent à décrire de manière conventionnelle des êtres qui sont faits de processus matériels et mentaux.

La découverte vraiment révolutionnaire du Bouddha a été qu’il n’y a rien qui ressemble à une âme ou un ego éternel et sans changement. Le Bouddha a dit que ce qui existe est simplement une combinaison de forces changeantes dues à certaines causes et conditions. Ce vide ou cette nature impersonnelle de tous les phénomènes est le véritable coeur de l’enseignement du Bouddha.

Source : Sister Ariya Ñani

La découverte du Bouddha

Lorsque nous percevons une sensation, quelle qu’elle soit, aussitôt que nous sommes conscient d quelque chose, ce sont en réalité les cinq agrégats qui sont à l’œuvre. Quoi que nous percevions, quel moment que ce soit, ce sont les cinq agrégats qui sont à l’œuvre. Que nous soyons en train d penser, de parler, de nous déplacer, de ressentir une douleur, une démangeaison ou une sensation neutre, ce sont les cinq agrégats qui sont à l’œuvre.

Lorsque nous sommes absorbés dans l méditation, ce sont les cinq agrégats qui sont à l’œuvre. Lorsque nous atteignons des états de conscience que nous entendons souvent qualifiés de transcendant, au-delà du concept, union du divin ou quoi que ce soit, ce sont encore les cinq agrégats qui sont à l’œuvre. Toute expérience qu’il es possible de faire, dans quel domaine que ce soit, de quelle manière que ce soit, où que ce soit, quan que ce soit, ce sont toujours les cinq agrégats qui sont à l’œuvre. Lorsque nibbána est connu, lorsque nibbána est atteint, lorsque nibbána est observé, ce sont encore les cinq agrégats qui sont à l’œuvre.

Ainsi, il n’y a absolument aucun champ expérimental qui soit en dehors des cinq agrégats. Ceci est la grande découverte que fit le moine Gotama, l’Éveillé, Bouddha, il y a vingt-cinq siècles, sous l’arbre de la “boddhi”. Il observa très clairement l’apparition des cinq agrégats et la disparition des cinq agrégats. Il en tira la conclusion suivante ; Quoi qui soit, quoi que ce soit, ce sont toujours les cinq agrégats. Il n’y a absolument rien qui soit en dehors des cinq agrégats.
La découverte de Bouddha

Si Bouddha n’avait découvert que cela, ce serait déjà un apport considérable à la connaissance de l’humanité. Ce qui est encore plus insolite, ce qu’il a découvert d’encore plus frappant et de révolutionnaire, parmi tous ces systèmes de pensée, philosophies et religions, inventés par l’homme depuis des temps immémoriaux, est que, s’il n’y a vraiment rien en dehors de ces cinq agrégats, il n’y a absolument rien non plus à l’intérieur de ces cinq agrégats. Ils sont parfaitement vides et insubstantiels.

En fait, ils n’existent pas, disons qu’ils n’existent pas par eux-mêmes. Ils apparaissent et aussitôt qu’ils sont apparus, ils disparaissent.

En dehors de ce processus, il n’y a RIEN et à l’intérieur, il n’y a RIEN non plus. Toute expérience que nous pouvons faire, toute connaissance que nous pouvons acquérir, fut-elle être transcendante, au-delà du monde, au-delà du monde des phénomènes, fut elle-même une expérience de la “bouddhéité”, c’est-à-dire de l’éveil en soi, de l’éveil total, ce sont encore les cinq agrégats. C’est ÇA, la découverte de Bouddha.

Lorsqu’il était encore un être ignorant sur la voie, il a suivi l’enseignement de certains grands maîtres considérés eux-mêmes comme des bouddhas, comme des êtres ayant atteint la “bouddhéité”. C’est-à-dire l’éveil, la libération totale. Il a suivi leur enseignement, il a effectué les diverses pratiques et yogas qu’ils enseignent et il a atteint le stade ultime, que ces maîtres qualifiaient d’état d’éveil, de réalisation totale. On appelle parfois cela “état de non-méditation”, qui est un état où il n’y a absolument plus rien qui apparaît clairement à la conscience. Nous pensons qu’il s’agit d’un état qui est au-delà des agrégats. Nous croyons que c’est un état de transcendance.

source: dhammadana

Les cinq Agrégats

Bouddha déclara que les cinq agrégats, qui sont en fait notre corps et notre esprit, sont un lourd fardeau. Servir notre corps signifie porter un lourd fardeau. Quand nous le nourrissons et l’habillons, nous portons ce fardeau. Cela signifie aussi que nous sommes les domestiques de ce corps et de l’agrégat de la matière : rupakhandha.

Quand nous avons nourri et vêtu le corps, nous devons également le contenter, aussi bien physiquement que psychologiquement. Cela aussi c’est être le domestique de vedanakhandha, l’agrégat des sensations.

Puis nous devons veiller à ce que le corps entende de beaux sons, voit de belles vues, sente de bonnes odeurs, ait un contact tactile agréable, goûte de bons mets. Cela concerne la conscience et nous sommes au service de viññanakhandha, l’agrégat de la conscience.

L’agrégat de la matière rupakhandha dit : nourrit-moi bien, sinon je vais tomber malade ou je serai faible. Vedanakhandha, l’agrégat des sensations dit à son tour : Donne-moi des sensations agréables sinon je vais souffrir, et nous devons courir après les sensations agréables pour assouvir ses besoins. Viññanakhandha, l’agrégat de la conscience dit à son tour : donne-moi de beaux sons, de belles vues, de bonnes odeurs, je veux des choses plaisantes, trouve-les pour moi sinon je serais malheureux, et nous devons exécuter ses ordres. C’est comme si ces trois agrégats nous menaçaient perpétuellement et nous ne pouvons pas désobéir à leurs exigences. Cette obéissance est un grand fardeau pour nous.

Sankharakhandha, l’agrégat des formations mentales, la volition est aussi un autre fardeau. La vie nous demande de satisfaire nos besoins quotidiens. Cela stimule le désir, et nous devons constamment œuvrer et être actifs afin de les satisfaire sinon nous sommes frustrés. Lorsque les désirs ne sont pas satisfaits, certains peuvent même avoir recours au crime. Que ce fardeau est lourd sur nos épaules !

C’est parce que nous ne pouvons pas porter cette lourde charge sur nos épaules que certains sont démoralisés ou que d’autres commettent des mauvaises actions.

Saññakhandha, l’agrégat de la perception est aussi un grand fardeau car c’est grâce à la perception que nous pouvons être capables de connaître, mémoriser, discerner le bon du mauvais. Si les demandes de notre esprit pour les objets des sens plaisants ne sont pas obtenues, nous connaîtrons alors l’angoisse, les regrets…

Pour toutes ces raisons Bouddha a déclaré que les cinq agrégats d’attachement sont un lourd fardeau. Nous portons ce fardeau non seulement pour un moment, une minute, une heure, un jour, une année, une vie, mais depuis le début du samsara, la ronde des renaissances. Nous n’en serons libérés que quand nous aurons éliminé les impuretés de notre esprit.

Même un Arahant doit supporter ce fardeau avant d’atteindre Nibbana et veiller au bien-être de ses agrégats. Pour se nourrir, il doit faire sa tournée d’aumônes, il doit se laver, il doit aller aux toilettes pour se nettoyer intérieurement, il doit prendre soin de sa santé et doit dormir pour récupérer.

Les gens ordinaires ou mondains sont obsédés par l’avidité et ne considèrent pas les cinq agrégats (le corps et l’esprit) comme un fardeau. Pour eux le fardeau semble léger et ils pensent que ceux qui considèrent le corps et l’esprit comme un fardeau sont pessimistes car pour eux les cinq agrégats leur apportent la joie de vivre, car il y a des choses agréables à voir, de merveilleux sons à entendre, de la nourriture délicieuse à goûter, des parfums plaisants à sentir, des sensations tactiles agréables à ressentir, et des choses intéressantes à connaître.

C’est seulement quant la vieillesse arrive et que les gens ne sont plus capables de bouger comme ils voudraient, de savourer la nourriture, de dormir correctement et de satisfaire leurs désirs qu’ils deviennent convaincus que le fardeau des cinq agrégats est véritablement lourd. Quand ils tombent malades leur conviction grandit et quand ils rencontrent des épreuves, ils réalisent complètement que le corps et l’esprit sont un fardeau.

Source : vipassanasangha

Pour télécharger ( format PDF) le Chapitre 2 de l’abhidamma au quotidien : “Les 5 kandha” : ICI

Anattalakkhana Sutta:

Une fois, le Bhâgavat séjournait au parc aux Daims, à Isipatana, près de Bénarès. Le Bhâgavat s’adressa ainsi aux cinq bikkhus et dit :
La forme, Ô bikkhus, n’est pas le soi. Si la forme était le soi, Ô bikkhus, la forme ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos du corps : “Que la forme (ce corps physique) devienne ceci ou cela. Que la forme (ce corps physique) ne devienne pas ceci ou cela.” Cependant, puisque la forme (ce corps physique) n’est pas le soi, le corps est sujet aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos du corps : “Que mon corps devienne ou ne devienne pas tel pour moi.”

La sensation, Ô bikkhus, n’est pas le soi. Si la sensation était le soi, Ô bikkhus, la sensation ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la sensation : “Que ma sensation devienne ceci ou cela. Que ma sensation ne devienne pas ceci ou cela.” Cependant, puisque la sensation n’est pas le soi, la sensation est sujette aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la sensation : “Que ma sensation devienne ou ne devienne pas telle pour moi.”

La perception, Ô bikkhus, n’est pas le soi. Si la perception était le soi, Ô bikkhus, la perception ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la perception : “Que ma perception devienne ceci ou cela. Que ma perception ne devienne pas ceci ou cela.” Cependant, puisque la perception n’est pas le soi, la perception est sujette aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la perception : “Que ma perception devienne ou ne devienne pas telle pour moi.”

Les formations mentales, Ô bikkhus, ne sont pas le soi. Si les formations mentales étaient le soi, Ô bikkhus, les formations mentales ne seraient pas sujettes aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos des formations mentales : “Que mes formations mentales deviennent ceci ou cela. Que mes formations mentales ne devienne pas ceci ou cela.” Cependant, puisque les formations mentales ne sont pas le soi, les formations mentales sont sujettes aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à leur propos : “Que mes formations mentales deviennent ou ne devienne pas telle pour moi”

La conscience, Ô bikkhus, n’est pas le soi. Si la conscience était le soi, Ô bikkhus, la conscience ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la conscience : “Que ma conscience devienne ceci ou cela. Que ma conscience ne devienne pas ceci ou cela.” Cependant, puisque la conscience n’est pas le soi, la conscience est sujette aux maladies, et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la conscience : “Que ma conscience devienne ou ne devienne pas telle pour moi.”

Qu’en pensez-vous, Ô bikkhus ? La forme est-elle permanente ou impermanente ?
La forme est impermanente, Ô Bhâgavat .

Si une chose est impermanente, est-elle une chose plaisante ou déplaisante ?

C’est une chose déplaisante, Ô Bhâgavat .

Alors, donc, de ce qui est impermanent, qui est déplaisant, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: “Cela est mien, je suis cela, cela est mon soi ? “

Certainement non, Ô Bhâgavat .

Qu’en pensez-vous, Ô bikkhus ? La sensation est-elle permanente ou impermanente ?

La sensation est impermanente, Ô Bhâgavat .

Si une chose est impermanente, est-elle une chose plaisante ou déplaisante ?

C’est une chose déplaisante, Ô Bhâgavat .

Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est déplaisant, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: “Cela est mien, je suis cela, cela est mon soi ?”

Certainement non, Ô Bhâgavat .

Qu’en pensez-vous, Ô bikkhus? La perception est-elle permanente ou impermanente ?

La perception est impermanente, Ô Bhâgavat

Si une chose est impermanente, est-elle une chose plaisante ou déplaisante ?

C’est une chose déplaisante, Ô Bhâgavat .

Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est déplaisant, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire ” Cela est mien, je suis cela, cela est mon soi”

Certainement, non, Ô Bhâgavat

Qu’en pensez-vous, Ô bikkhus? La formations mentales sont-elle permanentes ou impermanentes ?

Les formations mentales sont impermanente, Ô Bhâgavat .

Si une chose est impermanente, est-elle une chose plaisante ou déplaisante ?

C’est une chose déplaisante, Ô Bhâgavat .

Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est déplaisant, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: “Cela est mien, je suis cela, cela est mon soi? “

Certainement non, Ô Bhâgavat .

Qu’en pensez-vous, Ô bikkhus? La conscience est-elle permanente ou impermanente ?

La conscience est impermanente, Ô Bhâgavat .

Si une chose est impermanente, est-elle une chose plaisante ou déplaisante ?

C’est une chose déplaisante, Ô Bhâgavat .

Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est déplaisant, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: “Cela est mien, je suis cela, cela est mon soi ?”

Certainement non, Ô Bhâgavat .

Il en résulte, Ô bikkhus, que tout ce qui est corps, passé, futur ou présent, intérieur ou extérieur, grossier ou subtile, vil ou excellent, lointain ou proche, tout ce qui est corps doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant : “Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon soi.”
Il en résulte, Ô bikkhus, que tout ce qui est sensation, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est sensation doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant : “Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon soi.”

Il en résulte, Ô bikkhus, que tout ce qui est perception, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est perception doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant : “Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon soi.”

Il en résulte, Ô bikkhus, que tout ce qui est formations mentales, passées, futures ou présentes, intérieures ou extérieures, grossières ou subtiles, viles ou excellentes, lointaines ou proches, tout ce qui est formations mentales doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant : “Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon soi.”

Il en résulte, Ô bikkhus, que tout ce qui est conscience, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est conscience doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant : “Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon soi.”

Considérant les choses ainsi, Ô bikkhus, le disciple savant se tient éloigné du corps, il se tient éloigné de la sensation, il se tient éloigné de la perception, il se tient éloigné des formations mentales, il se tient éloigné de la conscience. Lorsqu’il s’en tient éloigné, il est sans désir. Lorsqu’il est sans désir, il est libéré du désir. Lorsqu’il est libéré du désir vient la connaissance : “Voici la libération”, et il sait: “Toute naissance nouvelle est anéantie, la Conduite parfaite est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, il n’y a plus rien qui demeure à accomplir, il n’est plus (pour moi) de devenir.”

Ainsi parla le Bhâgavat . Les cinq bikkhus, enchantés, se réjouirent de la parole du Bhâgavat . De plus, pendant le déroulement de ce sermon, la pensée des cinq bikkhus fut libérée complètement des attachements.