Tournoyer autour du monde

Dhamma Pratique

Tournoyer autour du monde
Ṭhānissaro Bhikkhu

Fermez les yeux, focalisez-vous sur votre respiration. Ne laissez pas votre esprit s’écarter dans des pensées relatives au passé ou au futur. Essayez de rester ici même dans le moment présent. Concentrer l’esprit ici dans le moment présent, c’est ce qu’on appelle élever l’esprit. Vous élevez votre esprit au-dessus des préoccupations du monde. Laissez l’esprit s’occuper de lui-même, prendre soin de lui-même, se réparer. Ce principe d’élever l’esprit est un des principes que le Bouddha présenta dans ce sermon que nous honorons aujourd’hui.
Aujourd’hui, c’est Magha Puja, la pleine lune du mois de magha. C’est en cette occasion que la première année de sa vie d’enseignement, le Bouddha a rencontré spontanément 1250 de ses disciples qui étaient des arahant avant de les envoyer enseigner. Il présenta brièvement en cette occasion des principes importants de ses enseignements. Et l’un d’entre d’eux était juste celui-là : se consacrer à l’esprit élevé. Enseigner aux gens de ne pas laisser leur esprit vagabonder à la suite du monde. Parce que, que fait le monde ? Le monde tournoie. Quand votre esprit suit le monde, il commence lui aussi à tournoyer. Et au bout d’un moment, vous ne savez plus ce qui est en haut ou en bas.
Nous courons après la richesse, mais nous rencontrons aussi le manque de richesse. Quand nous rencontrons la richesse, nous rencontrons aussi des ennuis. Nous courons après le statut. Nous rencontrons soit le statut, soit la perte du statut, et là aussi, nous rencontrons des ennuis. C’est la même chose avec la critique et la louange, le plaisir et la douleur. Nous courons après ces choses, et cependant, elles ne nous conduisent pas vraiment au bonheur véritable. Elles nous conduisent juste à tournoyer. C’est pour cette raison que le Bouddha a dit qu’il fallait élever son esprit au-dessus des préoccupations du monde. Le rendre un, ici même dans le moment présent, où il peut être indépendant, où il n’est pas obligé d’être l’esclave de ces choses.
Pensez à ça au cours de la journée. Lorsque vous courez après des choses, de quoi êtes-vous l’esclave ? Etes-vous l’esclave de votre avidité, de votre aversion, et de votre illusion ? Ou bien allez-vous essayer de libérer l’esprit de cet esclavage ? Nous faisons un choix chaque fois que nous choisissons de suivre quelque chose ou de l’abandonner. Donc, si vous allez suivre quelque chose, assurez-vous que vous suivez une bonne chose.
Autrement, vous êtes comme ces insectes en Thaïlande qui marchent en longues chaînes. Devant, il y a un insecte qui ne sait pas où il va, mais un autre s’accroche à lui et il le suit, en pensant que le premier sait où il va. Et ils forment ainsi une longue chaîne. Aucun d’entre d’eux ne sait où il va. C’est la même chose pour la majeure partie du monde : des gens courent. Vous voyez d’autres personnes qui recherchent le bonheur et la richesse et le statut, et vous vous dites : « Bon, ça doit se trouver dans cette direction, » et vous les suivez. Ça ne mène absolument nulle part.
Suivez le Bouddha, au moins, et élevez votre esprit au-dessus du monde. Vous trouverez ainsi la liberté véritable, vous trouverez le bonheur véritable, quelque chose qui est vraiment fiable, et vraiment ferme.

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