Dhammacakkap-pavattana Sutta

Canon Pali

La mise en mouvement de la Roue du Dhamma – (Samyutta Nikaya, V. 420-424)

Traduit par Jeanne Schut

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basée sur les traductions du pali à l’anglais de Thanissaro Bhikkhu et Ñanamoli Thera

 

Ainsi ai-je entendu :

A une certaine occasion, le Bouddha séjourna dans le parc aux Daims, à Isipatana, près de Varanasi (Bénarès). Là, il s’adressa aux cinq moines (ses anciens compagnons) et dit :

Moines, il existe deux extrêmes qui doivent être évités par ceux qui, comme vous, ont renoncé à la vie dans le monde. Quels sont ces deux extrêmes ? S’adonner aux plaisirs des sens, ce qui est bas, vulgaire, commun, indigne et engendre de mauvaises conséquences ; et s’adonner à l’auto-mortification, ce qui est douloureux, répréhensible et qui a des effets négatifs. En évitant ces deux extrêmes, le Tathagata a découvert la Voie du milieu qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même et à la Libération.

Et quelle est cette Voie du milieu que le Tathagata a découverte et qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même et à la Libération ? C’est précisément ce Noble Octuple Sentier, à savoir : la vision juste des choses, la détermination juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste. Telle est la Voie du milieu que le Tathagata a découverte, qui apporte la compréhension juste des choses, qui apporte la connaissance, qui conduit à la paix, à la connaissance directe, à l’éveil par soi-même et à la Libération.

Voici, moines, la Noble Vérité de la souffrance : la naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance ; être uni à ce que l’on n’aime pas est souffrance, être séparé de ce que l’on aime est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En résumé, les cinq agrégats d’attachement sont souffrance.

Voici, moines, la Noble Vérité de la cause de la souffrance : c’est le désir avide ou la « soif » qui est à l’origine des incessantes renaissances. Elle s’accompagne de la passion et de la recherche du plaisir que l’on trouve tantôt ici, tantôt là. En d’autres termes, c’est la soif des plaisirs des sens, la soif de l’existence et la soif de la non-existence.

Voici, moines, la Noble Vérité de la cessation de la souffrance : c’est la diminution puis la cessation complète de cette « soif ». C’est abandonner, renoncer et se libérer définitivement de cette « soif ».

Voici, moines, la Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance : c’est le Noble Octuple Sentier qui inclut la vision juste des choses, la détermination juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste.

« Ceci est la Noble Vérité de la souffrance. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la souffrance doit être comprise. » ” Telle fut la révélation qui m’est apparue, la compréhension qui s’est élevée en moi, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la souffrance a été comprise. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Ceci est la Noble Vérité de la cause de la souffrance. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la cause de la souffrance doit être abandonnée. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la cause de la souffrance a été abandonnée. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Ceci est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la cessation de la souffrance doit être constatée par soi-même. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité de la cessation de la souffrance a été constatée par soi-même. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Ceci est la Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance doit être pratiquée. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues auparavant.

« Cette Noble Vérité du Sentier conduisant à la cessation de la souffrance a été pratiquée. » Telle fut la révélation qui m’est apparue, la vision pénétrante, le discernement, la connaissance, la lumière qui ont jailli en moi par rapport à des choses qui n’avaient jamais été entendues s auparavant.

Moines, tant que cette révélation et cette connaissance des quatre Nobles Vérités — sous leurs trois formes et dans leurs douze aspects — ne fut pas clarifiée en moi dans toute sa pureté, je n’ai pas proclamé avoir atteint l’Eveil par moi-même, m’être éveillé à la suprême connaissance inégalée en ce monde avec ses dieux, ses Mārā et ses Brahmā, ses ascètes et ses prêtres, ses souverains et ses peuples. Cependant, moines, lorsque cette compréhension et cette connaissance des quatre Nobles Vérités — sous leurs trois formes et dans leurs douze aspects — fut clarifiée en moi dans toute sa pureté, j’ai proclamé avoir atteint l’Eveil par moi-même, m’être éveillé à la suprême connaissance inégalée en ce monde avec ses dieux, ses Mārā et ses Brahmā, ses ascètes et ses prêtres, ses souverains et ses peuples. Et une certitude profonde a jailli en moi : « Cette Libération est inébranlable. Cette vie est la dernière. Il n’y aura plus de renaissance. »

Ainsi parla le Bouddha. Les cinq moines, heureux, se réjouirent de ses paroles.

Tandis que ces paroles étaient prononcées, l’œil pur et immaculé du Dhamma s’ouvrit pour le vénérable Kondañña. Il vit : Tout ce qui est sujet à apparaître est naturellement sujet à disparaître.

Et quand le Bouddha eut mis en mouvement la Roue du Dhamma les deva de la terre s’écrièrent : « A Bénarès, dans le parc d’Isipatana, le Bouddha a mis en mouvement la roue incomparable du Dhamma qui ne peut être arrêtée ni par des ascètes, ni par des prêtres, ni par des deva, ni par Mārā, Brahmā ni qui que ce soit dans l’univers. »

Dans le même instant, ce cri atteignit le monde des déités. Et ce cosmos aux dix mille paliers fut secoué et trembla tandis qu’une lumière infinie baignait tout l’univers, surpassant l’éclat des deva.

Alors le Bouddha s’exclama : « Tu as vraiment compris, Kondañña ! Tu as vraiment compris. » Et c’est ainsi que le vénérable Kondañña prit le surnom de Añña-Kondañña, c’est-à-dire « Kondañña qui a compris ».

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